Le Chef du Gouvernement
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Conférence de presse
de Monsieur Ahmed Ouyahia Chef du Gouvernement
Alger, Résidence Djenane El Mithaq
21 mars 2006
Le Chef du gouvernement, M. Ahmed Ouyahia, a
animé, ce mardi 21 mars 2006, une conférence de presse à la Résidence Djenane El
Mithaq, à Alger.
Avant de donner la parole aux journalistes de la presse nationale présents en
nombre, le Chef du Gouvernement a prononcé un exposé liminaire articulé autour
des deux volets suivants :
Comment va le pays ?
Quelles sont les perspectives nationales ?
Voici l’intégralité de ce texte par ailleurs diffusé aux participants à la conférence de presse.
COMMENT VA
LE PAYS ?
LA PAIX, LA STABILITÉ ET L’ETAT DE DROIT
La situation sécuritaire était
déjà bien rétablie à travers la quasi-totalité du pays.
La mise en œuvre de la Charte pour la Paix et la Réconciliation Nationale
permettra de renforcer la sécurité et surtout de panser les blessures de la
Nation. La Charte plébiscitée par le peuple le 29 Septembre dernier sera mise en
œuvre, dans sa lettre et dans son esprit.
A la prise en charge déjà établie des victimes du terrorisme est venue s’ajouter
celle des familles des disparus, des familles démunies des terroristes abattus,
ainsi qu’un effort pour la réinsertion sociale des personnes impliquées dans la
tragédie nationale. Tout cela sera mené par un État rétabli dans toute sa
mission et qui veillera à préserver le régime républicain.
État se renforce à travers ses réformes qui se déroulent peut être lentement,
mais qui seront toutes conduites à leur aboutissement.
Il est vrai que nous faisons face aujourd’hui aux effets induits de la crise et
de l’affaiblissement que l’Etat a connu. Mais l’autorité de la loi sera rétablie
dans tous les domaines. Cela prendra du temps certainement, à la mesure des
terrains à reconquérir, mais cela aussi se fera, et les moyens qu’il faut n’ont
pas été négligés.
Le redressement national se poursuit au milieu d’une bataille qui prend chaque
jour une importance plus grande : la bataille du développement. Le Gouvernement
est chargé d’y investir sa plus grande attention ; il ne s’en laissera pas
détourner par des manœuvres parallèles ou par des batailles d’arrière garde.
Les instructions de Monsieur le Président de la République sont claires en la
matière, et la détermination du Gouvernement est aussi clairement établie.
LA SITUATION SOCIO ECONOMIQUE DE L’ANNEE 2005
A. UN CADRE MACRO-ECONOMIQUE
POSITIF
-i- La croissance est continue depuis près d’une décennie : 5,1% en 2005.
- Le P.I.B a déjà atteint 101 milliards $, et le PIB par habitant 3100 $, bien
que cela soit largement le fait des hydrocarbures.
-ii- L’inflation est maîtrisée pour la huitième année successive : 1,6% en 2005.
-iii- La situation financière nationale est stable.
- La balance des paiements est largement positive. La monnaie nationale est
stable : durant toute l’année dernière le Dinar est resté stable par rapport au
dollar, et il a regagné du terrain par rapport à l’Euro.
B. L’EFFORT D’INVESTISSEMENT EST SOUTENU
-i- En 2005 : près de 1200 milliards
DA soit plus de 16 milliards $.
- Dont près de 250 milliards DA par l’outil économique national (3,5 milliards
$)
- et plus de 200 milliards DA par les entreprises étrangères, soit 2,8 milliards
$.
- Plus de 53.000 projets ont été financés par les banques ou avec le concours de
l’Etat.
- Plus de 230.000 nouvelles inscriptions ont été réalisées au registre de
commerce.
-ii- L’Etat reste cependant l’investisseur principal : 730 milliards DA soit 10
milliards $.
L’Etat investit dans le domaine socioculturel et dans les infrastructures, deux
secteurs qui offrent des plans de charge importants aux entreprises et
concourent ainsi à la création de richesses économiques.
UNE CRÉATION D’EMPLOI APPRÉCIABLE
684.000 emplois ont été créés en
2005.
- Entre 2004 et 2005 : plus de 1.400.000 emplois ont été créés, d’où une
importante baisse du chômage.
- Le chômage qui était à 23,1% à la fin de l’année 2003, n’est déjà plus qu’à
15,3%, soit une baisse de 8 points déjà, et une baisse de 10 points par rapport
à la fin de l’année 2002.
DES REALISATIONS NOMBREUSES AU PROFIT DE LA POPULATION
Le pays est devenu un vaste
chantier. Les réalisations se multiplient dans tous les secteurs. Quelques
secteurs peuvent être cités à titre illustratif.
1. HABITAT
- Logements réceptionnés en 2005 : 132.400 unités.
- Logements réceptionnés en 2004 : 116.400 unités.
- 2004-2005 : 250.000 logements ont déjà été livrés.
- 600.000 unités étaient déjà en chantier à la fin de l’année 2005.
- 800.000 unités seront en chantier à la fin du premier semestre de l’année en
cours.
- Le programme de 1 millions de logements en cinq ans sera donc bien réalisé.
2. ÉDUCATION NATIONALE
Livraison de :
- 57 lycées ;
- 127 écoles fondamentales ;
- 2500 salles de classes ;
- 99 internats ;
- 550 cantines et demi pensions.
3. ENSEIGNEMENT SUPÉRIEUR
- Réception de 67.000 nouvelles places pédagogiques s’ajoutant aux 59.000
réceptionnées l’année dernière, soit 129.000 en deux années.
- Réception de 30.000 places d’hébergement s’ajoutant aux 23.000 de l’année
dernière, soit au total 53.000 en deux années.
- Réception de 23 restaurants universitaires s’ajoutant aux 21 de l’année
dernière soit 44.
4. ALIMENTATION EN GAZ ET ÉLECTRICITÉ
- Raccordement de 208.000 foyers contre 144.000 en 2004.
- Raccordement de 214.000 foyers contre 45.000 en 2004.
Malgré ces résultats encourageants, le développement a encore beaucoup de chemin
à faire. Il est donc important de vous indiquer vers où allons-nous, sous la
conduite de Monsieur le Président de la République.
OU ALLONS NOUS ?
-i- Les leçons d’hier doivent
être tirées :
- Une prospérité fondée sur le pétrole est fragile.
- La stabilité nationale est d’abord fondée sur le développement.
-ii- Les enjeux d’aujourd’hui sont difficiles :
- L’économie de marché s’est instaurée et doit être consolidée.
- L’ouverture économique sur le monde est lancée et sera poursuivie.
-iii- Nous devons donc assurer l’avenir du pays et le mettre à l’abri des
secousses.
- Nous devons réaliser le désendettement ;
- Nous devons améliorer le sort de la population qui se relève d’une crise
douloureuse ;
- Nous devons jeter les bases du développement durable.
Premier objectif : RÉALISER LE DÉSENDETTEMENT
-i- La dette est une calamité quand
nos ressources s’affaiblissent.
- En 1992, l’Algérie a consacré près de 9,3 milliards $ au service de la dette.
- De 1985 à 2005, le pays a versé 117,9 milliards $ pour la dette dont près de
84 milliards $ de remboursement du principal alors que les intérêts ont coûté 34
milliards$.
-ii- La politique de désendettement initiée par M. le Président est stratégique
pour le pays.
- Le pays a cessé d’emprunter : ne rentrent encore que les emprunts contractés
avant 2005.
- Le pays paye par anticipation et se désendette.
-iii- La dette qui était de 21,4 milliards $ au 31 Décembre 2004, s’est
retrouvée à 16,4 milliards $ au 31 Décembre 2005. Elle n’est plus que de 15,5
milliards $ environ à la fin du mois Février, soit une baisse de 6 milliards $
en 14 mois.
-iv- Nous sommes en train de rembourser par anticipation tous les crédits
multilatéraux.
-v- Nous venons également de solutionner le dossier de la dette russe. Cette
dette n’était pas comptée dans notre endettement extérieur car :
- Il fallait s’entendre sur son prix en dollars (c’était des roubles) : soit
4,737 milliards $.
- Il fallait s’entendre sur son traitement : elle est effacée totalement contre
des achats de biens et de services.
-vi- Le règlement du dossier de la Russie nous a permis de demander au Club de
Paris, le remboursement anticipé de toute la dette publique rééchelonnée : près
de 8 milliards $.
-vii- Nous demanderons aussi au Club de Londres, le remboursement anticipé de la
dette commerciale rééchelonnée, soit près de 1 milliards $.
-viii- Quels sont les bénéfices du désendettement ?
- Réduire la dépense extérieure en intérêts sur la dette ;
- Améliorer l’appréciation économique extérieure du pays ;
- Et surtout donner une sécurité financière pour l’avenir à la Nation.
Deuxième objectif : RATTRAPER LES RETARDS DE DÉVELOPPEMENT
-i- Depuis l’annonce du programme
quinquennal de soutien à la croissance économique Par Monsieur le Président de
la République, deux autres programmes complémentaires ont été mis en place pour
les willayas du Sud et pour celles des Hauts Plateaux.
-ii- En cumul, ces trois programmes publics de développement s’élèvent à près de
8.000 milliards de DA soit plus de 100 milliards $.
-iii- Il s’agit d’abord d’améliorer la réponse aux besoins de la société par
d’importants programmes dont l’on peut citer à titre illustratif :
- Près de 1.200.000 logements ;
- Près de 500 Lycées ;
- Plus de 1.000 Collèges ;
- Plus de 2.000 cantines et demi-pensions.
- Près de 500.000 places pédagogiques universitaires ;
- Plus de 200.000 places d’hébergement universitaire ;
- Près de 30 restaurants universitaires ;
- Plus de 50.000 places pédagogiques de formation professionnelle ;
- Plus de 40 hôpitaux ;
- Près de 100 Polycliniques ;
- Près de 200 centres de soins ;
- 10 barrages, près de 500 retenues collinaires, plus de 1000 forages ainsi que
des stations de dessalement pour plus de 1 million mètres cubes/jour ;
- Plus de 10.000 kilomètres de routes nouvelles ou rénovées ;
- Raccordement de plus de 600.000 foyers ruraux à l’électricité ;
- Raccordement de plus de 1.200.000 foyers au gaz naturel ;
- Plus de 1000 réalisations pour le sport et la jeunesse ;
- Près de 400 réalisations pour la culture dont près de 250 bibliothèques.
-ii- Il s’agit ensuite de lutter contre le chômage qui pèse toujours, car notre
population est jeune, et ce sont des vagues importantes qui arrivent sur le
marché du travail.
-iii- Il s’agit enfin d’améliorer le niveau de vie des foyers, par des rentrées
supplémentaires partout à travers le pays.
Troisième objectif : ENCLENCHER L’AVENEMENT D’UNE ECONOMIE DIVERSIFIEE
-i- L’économie nationale ne doit pas
toujours être otage des hydrocarbures. Il faut s’atteler à instaurer une
économie diversifiée et répandue à travers tout le pays.
-ii- L’Etat y travaille à travers plusieurs approches.
1. Il œuvre d’abord à moderniser et développer les infrastructures.
- Le rail va enfin connaître sa véritable modernisation ;
- Le réseau routier aussi et notamment par l’autoroute et les rocades ;
- Mais nous devons aussi moderniser les infrastructures de services : les ports
par exemple, que nous entendons mettre en concession.
2. Il s’agit ensuite de créer les conditions d’attractivité économique à
l’intérieur du pays.
- C’est l’objectif des programmes Sud et des Hauts Plateaux qui seront aussi
accompagnés d’un régime d’avantages exceptionnels pour l’investissement : le
régime dérogatoire.
- C’est la réalisation et la modernisation des zones industrielles et
d’activités : 20 milliards DA leur sont destinées.
3. Il s’agit également de développer l’activité dans les différents secteurs.
- L’agriculture a connu sa renaissance et sera encore soutenue : près de 400
milliards DA lui sont réservées sur la période quinquennale.
- L’industrie pétrochimique et minière a d’importants programmes
d’investissement par les entreprises et les partenaires étrangers.
- Le secteur industriel public évolue graduellement vers la privatisation et le
partenariat qui sont incontournables, et qui se font sans atteinte aux droits
sociaux des travailleurs.
4. L’investissement nouveau est l’objet de mesures incessantes
d’encouragement :
- Les dispositifs de garantie de l’investissement sont multiples ;
- La disponibilité du crédit à moyen et long terme se confirme : 100 milliards
DA sont mobilisés par le Trésor à travers les banques, un montant qui sera
renouvelé ;
- Un dispositif de bonification des taux d’intérêts sera mis en place dans
quelques semaines, mais avec un régime plus avantageux pour l’intérieur du
pays ;
- Un projet de loi sera bientôt présenté au Parlement, pour soutenir la création
d’emplois par les entreprises, à travers une prise en charge partielle des
charges sociales.
5. Bien sûr, il y a des questions qui captent encore l’attention telles que
la réforme bancaire, et le foncier industriel.
- Ce sont là des dossiers qui avancent et qui connaîtront une transformation
profonde dans le courant de cette année.
6. La question de la mise à niveau des entreprises domine aussi le débat.
- Dans le cadre du Pacte National Economique et Social, nous aurons une
discussion avec le Patronat.
- Je peux indiquer d’ores et déjà que l’Etat est prêt à mettre plus de fonds
dans cette opération, mais à condition que l’on s’entende : la mise à niveau est
l’affaire de l’entreprise elle-même, l’Etat ne peut qu’aider quel que soit le
niveau de cette aide.
7. Enfin, le pays ayant désormais mis en place son programme d’investissement
public qui consomme beaucoup de temps du Gouvernement, les tâches sont à
l’avenir plus claires.
- Il s’agira de veiller d’abord à la réalisation de ce programme important.
- Il s’agira ensuite de préparer la projection du développement sur le moyen
terme : non pas réaliser une planification rigide, mais tracer les perspectives
dans lesquelles s’inscrira le développement sur une autre décennie, pour jeter
les bases de l’action future.
- Il s’agira en outre, de « régler » davantage la machine « Etat » pour la
moderniser et la rendre plus percutante dans la lutte contre les fléaux qui
dérangent les citoyens et l’économie.
- Il s’agira enfin de mettre en place les moyens de promouvoir les exportations
hors des hydrocarbures, en conformité avec nos engagements internationaux.
En conclusion, nous pouvons dire que beaucoup de travail reste à
accomplir, car on ne peut pas tout accomplir en même temps.
Mais, les efforts du Gouvernement demeureront insuffisants si la collectivité
nationale ne se mobilise pas pleinement, chacun dans ce qui peut être sa place
ou son apport.
Synthèse des réponses du Chef du
Gouvernement
aux questions des journalistes
Charte pour la paix et la réconciliation nationale
Le Chef du gouvernement, M. Ahmed
Ouyahia, a affirmé que l'Etat est déterminé à appliquer les textes de la Charte
pour la paix et la réconciliation nationale, "dans la lettre et l'esprit, pour
panser les blessures de la société et renforcer les rangs de la nation".
M. Ouyahia a souligné que la mise en oeuvre des textes de la charte est "un
lourd défi" qui répond aux aspirations à la paix et la quiétude du peuple
algérien, ajoutant que la situation sécuritaire, "déjà bien rétablie à travers
le pays", sera "renforcée" par cette mise en oeuvre.
Il a également affirmé que cette mise en oeuvre des textes, "contrairement aux
assertions colportées ici et là quant au retard accusé, enregistre des avancées
depuis ces derniers 20 jours", en citant la mise en place de structures chargées
du suivi des textes à l'échelle locale.
Dans ce contexte, il précisé que "la liste exacte des personnes disparues
sont connues depuis 1994, soit 10.000 cas, dont deux à trois mille récusés, qui
ont été communiqués aux walis qui gèrent les dossiers", ajoutant que "le projet
de texte portant réintégration et/ou indemnisation des travailleurs licenciés
durant la tragédie nationale sera soumis mercredi au Conseil de gouvernement et
la semaine prochaine au Conseil des ministres".
A ce propos, il a souligné que les personnes concernées avaient été écartées de
leurs postes de travail, en 1993, par un texte réglementaire dans le cadre de
"la lutte contre les formes de soutien au terrorisme".
M. Ouyahia a assuré que "l'Etat lutte encore contre le terrorisme et avec plus
d'acharnement et préfère maintenir l'état d'urgence pour éviter de recourir à
l'adoption de nouvelles mesures pour la mobilisation des forces de sécurité dans
la lutte contre le terrorisme", précisant que quelque 17.000 terroristes ont été
éliminés à fin 2005.
Activités politiques des responsables de la tragédie
Le Chef du gouvernement a assuré que
"l'Etat veillera à appliquer la loi relative à l'interdiction de toute activité
politique pour les personnes responsables de la tragédie nationale", précisant
que "c'est là, la décision du peuple algérien".
M. Ouyahia a affirmé qu' "en aucun cas" l'Algérie "ne peut revenir à l'anarchie
des années 1990", soulignant que "la situation qui a prévalu, 15 jours après la
mise en oeuvre des textes de la Charte pour la paix et la réconciliation
nationale, ne durera pas".
M. Ouyahia, qui répondait à une question sur les déclarations politiques de
personnes ayant bénéficié des mesures des textes de la charte, a ajouté que
"cette situation trouvera un terme" et que "l'Etat qui a rétabli l'ordre et la
sécurité ne sera pas un acteur politique".
"Nous allons dire à ces personnes de cesser de faire des déclarations
politiques", a indiqué M. Ouyahia, invitant "les médias nationaux à aider l'Etat
à gérer cette affaire".
Extraditions judiciaires
Les discussions entre l'Algérie et
la Grande-Bretagne sur les extraditions judiciaires sont toujours en cours et
"avancent correctement", a affirmé le Chef du gouvernement. "Nous discutons avec
les Britanniques sur un accord d'extradition et ça avance correctement", a
déclaré M. Ouyahia lors de la conférence de presse.
Le Chef du gouvernement a précisé que cet accord "porte sur l'offre et la
demande", c'est-à-dire qu'il concerne les extraditions réciproques de personnes
recherchées dans les deux pays. Il a ajouté que "l'affaire Khalifa entrait dans
ce cadre".
Projet de Traité d'amitié entre l'Algérie et la France
Concernant le projet de traité d'amitié entre l'Algérie et la France, M. Ouyahia a indiqué qu'"aucun agenda n'existe pour le moment", mais que les deux pays, qui "ont exprimé à plusieurs reprises leur volonté de conclure cet accord (...), poursuivent leurs discussions".
Sahara occidental
Sur le conflit du Sahara occidental,
M. Ouyahia a relevé que "cette question relève de la décolonisation" et que
l'Algérie "soutient le principe d'autodétermination du peuple sahraoui".
"Comme l'a déjà dit le président de la République, M. Abdelaziz Bouteflika,
l'Algérie, même si elle restait le seul pays au monde à le faire, soutiendra
toujours la cause du peuple sahraoui", a-t-il ajouté. La résolution 1514 de
l'Assemblée générale de l'Onu, qui appuie la lutte pour l'autodétermination des
pays colonisés, adoptée en 1960, "a été écrite du sang des martyrs algériens"
tombés sur le champ d'honneur lors de la guerre de libération nationale, a-t-il
souligné.
Nucléaire et coopération internationale
A une question sur une visite en
Algérie de responsables américains du secteur du nucléaire, le Chef du
gouvernement a précisé que les visites de ce genre entraient dans le cadre de la
coopération avec les partenaires de l'Algérie.
Il a également rappelé que l'Algérie avait des "engagements" avec l'Agence
internationale de l'énergie atomique (AIEA) permettant à ses inspecteurs de
visiter les installations nucléaires algériennes.
Pratique des cultes non-musulmans
Interrogé, d'autre part, sur la loi
sur la pratique des cultes non-musulmans adoptée la semaine dernière par
l'Assemblée populaire nationale (APN), M. Ouyahia a affirmé que l'Etat en
Algérie "où, durant des siècles, ont coexisté en paix les trois religions du
Livre (islam, christianisme et judaïsme), n'est pas disposé à accepter des
églises clandestines".
"Il faut que les choses soient claires. Pourquoi veut-on pratiquer une religion
dans un garage ou une maison ? Pourquoi proposer des visas à quatre sous à
quelqu'un" pour l'amener à changer de religion, s'est-il interrogé. "A ceux qui
claironnent pour la liberté de culte et le respect des traités internationaux,
nous leur répondons que cette nouvelle loi répond parfaitement aux traités que
l'Algérie a signés", a dit le Chef du gouvernement.
La politique salariale
Elle demeure conditionnée par les
paramètres de la croissance économique, de la productivité et de l'inflation, a
affirmé le Chef du Gouvernement. M. Ouyahia répondait ainsi à une question où il
lui a été demandé si le gouvernement allait décider d'une augmentation des
salaires.
Considérant que la question salariale relève des enjeux fondamentaux des
objectifs collectifs de la politique nationale dont notamment la création de
l'emploi, le Chef du gouvernement a rappelé que le Président de la République a
tracé les contours de la politique salariale en la cernant par les facteurs de
croissance économique, de la productivité et de l'inflation.
En outre, a-t-il plaidé, la question des salaires est du ressort également de la
tripartite (gouvernement, syndicat, patronat) et qu'il serait, par conséquent,
''indélicat'', que le gouvernement prenne une décision d'une manière
unilatérale.
Pour mieux étayer l'approche du gouvernement vis-à-vis de la question salariale,
M. Ouyahia a souligné que même des organisations syndicales internationales
lient de plus en plus les revendications sociales aux performances économiques
en citant l'exemple de l'Organisation Arabe du Travail qui a appelé récemment
les syndicats arabes à donner de la prépondérance à la compétitivité et à la
productivité pour mieux répondre aux défis de la mondialisation.
La question de la convertibilité totale du dinar
Le Chef du gouvernement, M. Ahmed
Ouyahia, a considéré que le débat suscité par certains milieux sur la
convertibilité totale du dinar est ''mal intentionné'' et ''infondé''.
Pour le Chef de l'exécutif, le niveau record des réserves de change de l'Algérie
n'est pas un motif pour ''siphonner'' ce matelas de devises en recourant à la
convertibilité de la monnaie nationale. ''Pas de convertibilité sous forme de
mallettes'', a-t-il clamé.
En rappelant l'accord signé entre l'Algérie et le FMI sur l'article 4 du statut
de cette organisation financière internationale et relatif à la convertibilité,
le Chef de l'exécutif a indiqué que ''la convertibilité dépend du cadre du
mouvement des affaires''. Cependant, a-t-il fait constater, tant que l'Algérie
n'a pas une économie qui produit des dollars, à l'exception du secteur des
hydrocarbures, toute convertibilité est à exclure.
Criminalité et sécurité des citoyens
Evoquant la lutte contre les maux
sociaux, le Chef de l'exécutif a mis l'accent sur la nécessité d'une
"mobilisation générale" pour préserver la sécurité des citoyens. Il a fait état,
dans ce cadre, de l'existence d'un programme de renforcement de la force
publique (Gendarmerie nationale, police nationale, garde-frontière) pour lequel
un budget de 200 milliards de dinars a été dégagé.
Ce programme porte sur le doublement des effectifs de ces corps, en vue de
permettre, a expliqué le Chef du gouvernement, à ces services de "remplir
pleinement leur rôle" dans la sécurité des biens et des citoyens.
Interrogé au sujet de détournements de deniers publics, M. Ouyahia a évoqué les
mesures prises pour l'épuration des comptes au niveau des banques, au même
moment où des instructions ont été données pour interdire l'octroi de crédits de
complaisance.
Le Chef du gouvernement a donné, à ce propos, l'exemple d'une entreprise fictive
qui a bénéficié d'un prêt de dix milliards de dinars, soulignant, toutefois, que
la lutte contre les maux sociaux "nécessite un travail de longue haleine".
"Certes, la criminalité s'est banalisée et on ne peut tout nettoyer en l'espace
d'une année, mais ce qui est sûr, c'est que l'Etat sévit et ne tolérera aucun
autre dépassement à ce sujet", a-t-il averti.
Lutte contre la corruption
En matière de lutte contre la
corruption, il a annoncé que les textes d'application de la nouvelle loi,
relative à la prévention et à la lutte contre la corruption, sont en cours
d'élaboration et seront mis en vigueur à partir de septembre prochain.
Le dispositif de cette loi impose aux administrations et agents publics une
série de règles à respecter portant, notamment, sur la transparence et
l'objectivité dans les recrutements, la sélection et la formation des personnels
appelés à occuper les postes publics.
Elle prévoit également l'implication du secteur privé dans l'action de
prévention, à travers la promotion de la coopération avec les services chargés
de la détection et de la prévention et la mise en place de normes, procédures et
codes de conduite visant à faire prévaloir un exercice correct, honorable et
adéquat des activités, rappelle-t-on.
Dans ce sens, le Chef du gouvernement a fait savoir que la lutte contre la
corruption "se poursuit sur le terrain", appelant par la même occasion, à "une
implication des citoyens pour venir à bout de ce phénomène".
Situation économique et perspectives
Le Chef du gouvernement a présenté
la situation économique et financière actuelle et a dévoilé, également, les
projets qu'il compte engager pour une meilleure diversification de l'économie et
une consolidation de l'économie de marché.
Dans des indications chiffrées, M. Ouyahia a souligné que le PIB a atteint 101
milliards de dollars en 2005, tandis que le revenu par habitant s'est établi à
3.100 dollars, grâce notamment à l'augmentation des recettes pétrolières.
La croissance s'est chiffrée à 5,1 % avec une inflation maîtrisée, pour la
huitième année consécutive, à 1,6%. Quant aux investissements, ils ont atteint
près de 1.200 milliards de DA (16 milliards de dollars) en 2005 dont 200
milliards de da (2,8 milliards de dollars) d'investissements engagés par les
entreprises étrangères.
Cependant, a-t-il fait constater, l'Etat demeure encore l'investisseur principal
avec 730 milliards de da (10 milliards de dollars) investis dans les domaines
notamment des infrastructures et socio-culturels lesquels offrent des plans de
charge importants aux entreprises.
Sur la question de l'emploi, il a indiqué que 684.000 postes ont été créés
durant l'année écoulée, d'où une importante baisse du chômage qui n'est plus
qu'à 15,3%.
S'exprimant sur l'habitat, M. Ouyahia a dissipé les doutes sur les capacités de
la réalisation du programme de 1 million de logements en cinq ans. Etayant ses
affirmations, il a indiqué qu'entre 2004 et 2005, un nombre de 250.000 logements
ont été déjà livrés auxquels s'ajoutent 600.000 unités en chantier à la fin 2005
ainsi que 800.000 autres unités qui seront lancées à la fin juin 2006.
Par ailleurs, le programme quinquennal de soutien à la croissance économique et
les deux programmes complémentaires pour les wilayas du sud et pour celles des
hauts plateaux s'élèvent à près de 8.000 milliards de da (plus de 100 milliards
de dollars).
Mais le Chef du gouvernement a considéré qu'en dépit de ces résultats positifs,
''le développement demeure un chemin long pour atteindre les objectifs de
consolidation de l'économie de marché et de la poursuite de l'ouverture
économique tout en améliorant le sort de la population, en assurant un
développement durable et en réalisant le désendettement du pays.''
Sur ce dernier point, il a affirmé que ''la politique de désendettement initiée
par le président de la République est stratégique pour le pays. ''Dans ce sens,
l'Algérie a demandé au Club de Paris le remboursement anticipé de toute la dette
publique rééchelonnée d'un montant de près de 8 milliards de dollars et va faire
de même auprès du Club de Londres pour le paiement anticipé de la dette
commerciale à hauteur d'un milliard de dollars.
Pour M. Ouyahia, le désendettement permet de réduire la dépense extérieure en
intérêts sur la dette, d'améliorer l'appréciation économique extérieure du pays
et de donner une sécurité financière pour l'avenir.
Le Chef de l'exécutif s'est exprimé également sur les moyens d'enclencher le
processus d'une économie diversifiée en avançant que l'Etat y travaille à
travers plusieurs approches. Il s'agit, selon lui, de moderniser et de
développer les infrastructures, de créer les conditions d'attractivité
économique à l'intérieur du pays, de développer l'activité des secteurs
notamment agricole, de l'industrie pétrochimique et minière et du secteur
industriel public.
Concernant les investissements, M. Ouyahia a annoncé qu'un dispositif de
bonification des taux d'intérêts sera mis en place dans quelques semaines et
qu'un projet de loi sera bientôt présenté au parlement pour soutenir la création
d'emplois par les entreprises à travers une prise en charge partielle des
charges sociales.
Sur la question des arriérés de salaires impayés, le Chef du gouvernement a
précisé que les entreprises qui sont dans l'incapacité financière de payer leurs
travailleurs seront soumises au régime des faillites en ajoutant que dans ce
cas, c'est l'Etat qui prendra en charge le paiement de ces arriérés.
A propos de la prochaine adhésion de l'Algérie à l'OMC, le Chef du gouvernement
a indiqué que les négociations ''avancent bien''. Il a cependant tenu à
souligner que l'Algérie est intransigeante à l'égard de certaines demandes qui
lui ont été adressées par certains membres de l'OMC au sujet notamment des
activités d'importation.
Catégorique, M. Ouyahia a affirmé que l'Algérie ne lèvera aucunement les mesures
relatives à l'interdiction d'importation des véhicules d'occasion et à
l'exigence faite à une société d'importation de porter son capital à au moins 20
millions de da. ''L'Algérie n'est pas une poubelle'', a-t-il clamé.
Quant à l'accord d'association avec l'Union européenne, le Chef du gouvernement
a indiqué qu'il n'est prévu aucune renégociation en ajoutant que des étapes de
négociations futures sont prévues, toutefois, pour l'agriculture.
A la question de la privatisation et de ses effets sur l'emploi, le Chef du
gouvernement, qui est également le président du Conseil des participations de l'Etat,
a noté que tout dossier de privatisation soumis au CPE comporte la position du
syndicat lequel siège au conseil d'administration de l'entreprise à privatiser.
Déclaration de M. le Chef du Gouvernement à la presse,
en marge de la cérémonie de clôture de la session d'automne du Conseil de la nation.
" M. Ouyahia : la loi contre
la corruption est à même de lutter efficacement contre le fléau "
25 Janvier 2006
La loi
sur la prévention et la lutte contre la corruption, adoptée par le parlement
lors de la session de l'automne, "comprend toutes les clauses nécessaires à même
de lutter efficacement contre la corruption", a affirmé mercredi à Alger le Chef
du gouvernement, M. Ahmed Ouyahia.
M. Ouyahia, qui s'exprimait devant la presse en marge de la cérémonie de clôture
de la session d'automne du Conseil de la nation, a ajouté "que le rejet de
l'article 7 de cette loi par les députés de l'Assemblée Populaire Nationale n'a
diminué en rien de l'efficacité de ce texte", assurant que les dispositions de
cette loi "seront appliquées sur tous".
Il a également expliqué que les procédures pénales contenues dans l'article 7
"sont, par ailleurs, incluses dans la constitution".
Dans le même contexte, le Chef du gouvernement a indiqué que l'article 6 du
texte "oblige les parlementaires et les responsables du pouvoir exécutif, entre
autres les ministres, les walis et les ambassadeurs, à présenter leurs
déclarations de patrimoine devant la cour suprême dans un délai de deux mois
après la publication de la loi".
Les dispositions pénales prévues par cette loi, figurant dans l'article 36,
"sont claires à ce sujet et concernent tout le monde", a soutenu M. Ouyahia.
M. Ouyahia : l'augmentation des salaires est tributaire de la croissance, de
l'inflation et de la rentabilité
Le Chef du gouvernement, M. Ahmed Ouyahia, a déclaré, mercredi, que
l'augmentation des salaires "obéit aux normes du modèle mondial, à savoir la
croissance, l'inflation et la rentabilité", ajoutant qu'on ne peut, à l'heure
actuelle, "s'aventurer" quant à l'utilisation des recettes des hydrocarbures.
Le Chef du gouvernement a affirmé à la presse, en marge de la séance de clôture
de la session d'automne du Conseil de la nation, que l'Algérie a intégré le
modèle mondial en matière d'augmentation des salaires, comme il a été
"clairement" énoncé dans le communiqué du Conseil de gouvernement de septembre
2004 lors de l'adoption de la loi de finances 2005.
La création de richesses en Algérie repose encore en grande partie sur les
hydrocarbures, a précisé le Chef de l'exécutif, affirmant qu' "il est
inconcevable de prendre des risques quant à l'utilisation des revenus générés
par les hydrocarbures pour répondre à des besoins qui, même pressants, ne sont
pas légitimes, contrairement à ce que le citoyen s'est habitué à entendre de la
part de certains responsables au sein de l'exécutif".
il a indiqué dans ce cadre que l' "anarchie ne mène à rien" et que le
gouvernement est "responsable de 32 millions d'algériens", ajoutant que les
préoccupations du gouvernement sont focalisées en premier lieu sur la situation
des "1,4 million de chômeurs" et des travailleurs.
La loi de finances 2006, déjà en vigueur "sera d'un grand bénéfice pour le
pays", a indiqué M. Ouyahia qui a précisé que les fonds mobilisés dans le cadre
de cette loi seront utilisés pour la réalisation de logements, de projets
agricoles, la création d'emplois et autres projets à même de contribuer à
l'amélioration des conditions sociales des citoyens.
Le
Chef du gouvernement accorde un entretien au l'hebdomadaire français "Le
Point"
" 500 millions d'euros
sortent chaque année du pays"
3 avril 2004
Vous avez été reconduit dans vos
fonctions après la dernière présidentielle. Comptez-vous accélérer la marche de
l'Algérie vers l'économie de marché?
Le pays vit une période de bouleversements. Nous devons rattraper notre retard
économique et social, intégrer l'OMC, signer un accord de libre-échange avec
l'Union européenne.
Parallèlement, si le pays a renoué avec la sécurité,
il doit recouvrer sa cohésion. Sans oublier notre défi majeur: l'emploi. La
natalité a baissé, mais nous aurons encore pendant quinze ans des bataillons
lourds de 400 000 nouveaux demandeurs d'emploi par an.
L'Algérie n'a jamais eu autant d'argent pour créer des
emplois...
1,5 million d'emplois ont été créés depuis 1999, et
l'État a investi 46 milliards de dollars en équipements et en projets de
relance. Nous voulons attirer les investissements étrangers et mettre fin au mal
de vivre qui ronge le pays.
Où en êtes-vous des privatisations ?
Pour nous, c'est un problème d'efficacité, de
compétitivité, une façon d'acquérir un savoir-faire et de S'ouvrir sur les
marchés extérieurs. Mais nous ne voulons pas vendre les bijoux qe famille pour
une bouchée de pain.
Comptez-vous enfin réviser le Code de la famille,
profondément rétrograde?
La loi est prête et va être présentée au Parlement.
Il faut mettre en adéquation le texte et le rôle que les femmes jouent dans ce
pays. Ainsi, une femme était candidate à l'élection présidentielle, une autre
préside le Conseil d'État...
On a parlé d'une amnistie fiscale pour inciter les Algériens
à rapatrier leur argent?
Nous ne voulons pas jeter l'opprobre sur le capital
des 4 millions d'Algériens qui vivent à I'étranger. Nous voulons encourager
l'investissement et on ne va pas demander: d'où vient votre argent? Il n'y aura
pas d'amnistie fiscale pour l'argent détourné. 500 millions d'euros sortent
chaque année du pays. Nous voulons combattre l'économie de rente, récupérer
l'argent de l'extérieur en créant les conditions de sa rentabilité à
l'intérieur. C'est une rupture.
Election
présidentielle
Le
Chef du gouvernement anime une conférence de presse
à l'issue de l'annonce des résultats de l'élection présidentielle
9 avril 2004
Devant
un parterre de diplomates, de membres du gouvernement, de représentants de la
société civile et de nombreux journalistes de la presse nationale et étrangère.
M. Ahmed OUYAHIA, Chef du gouvernement a animé; hier après-midi, une conférence
de presse à l'hôtel El-Aurassi pour faire le bilan de l'élection présidentielle
du 8 avril, sanctionnée par une large victoire de M. Abdelaziz Bouflika comme
l'ont montré les résultats chiffrés donnés par le ministre de l'Intérieur,
M. Yazid Zerhouni durant la matinée.
M.
OUYAHIA a tenu à faire quelques remarques liminaires soulignant que «les élections
présidentielles constituent un tournant majeur dans la vie politique
national". L'Algérie a engrangé des
acquis importants dans de nombreux domaines et ce scrutin vient confirmer une
nouvelle fois la normalisation de la vie institutionnelle du pays, dira M.
OUYAHIA.
Maintenant
que le peuple a renouvelé sa confiance au Président de la République, l'Algérie
sort renforcée sur le plan de la stabilité politique, fondement de tout progrès.
M. OUYAHIA note que l'Armée Nationale Populaire a donné la preuve qu'elle
constitue une institution républicaine dont la mission est la défense de la sécurité
du pays et qu'elle n'a rien à voir avec toutes les
rumeurs colportées, à l'extérieur comme à l'intérieur, qui parlent
de décideurs, de cabinet noir, etc."
Evoquant I'expérience démocratique en Algérie, il souligne qu'elle a acquis
une grande maturité, la démocratie évoluant dans un climat de quiétude, de sérénité
et de liberté d'expression. C'est un motif de fierté aussi que l'Algérie soit
le premier pays dans le monde arabe qui a vu une femme se porter candidate à la
Magistrature suprême, dira OUYAHIA.
S'agissant
du mode d'élection, celui-ci a acquis plus de crédibilité avec les mesures
prises (suppression des bureaux spéciaux, baisse du nombre de bureaux itinérants),
et le dispositif de surveillance de l'élection où l'on retrouve la commission
de surveillance de l'élection, les représentants des candidats, les
observateurs étrangers, la presse. En plus de la possibilité qui est donnée
de faire des recours. Autant de garanties qui écartent les doutes sur la régularité
des élections.
Les questions furent nombreuses durant le débat. A propos de certains candidats qui émettent des doutes et brandissent des menaces, M. OUYAHIA répondra que si ce groupe est mû par des intentions sincères et par le sentiment démocratique, il devra s'adresser au Conseil constitutionnel s'il dispose de preuves.
S'il
s'agit de dire c'est moi le vainqueur ou je fausse le jeu, je leur dirai qu'ils
se trompent d'époque et de lieu. Après la réponse du peuple qui a fait la décision
et qui est rassuré de cette décision, j'espère que la tempête est
circonstancielle et que la sagesse et la raison prévaudront.
Interrogé
sur les raisons qui expliquent cette large victoire remportée par M. Abdelaziz Bouflika,
OUYAHIA a indiqué que deux facteurs ont joué. Il y a d'abord le choix du
programme, la stabilité, la continuité mais c'est aussi une réponse à toutes
les surenchères.
L'Algérie
a vécu une crise en raison des manipulations et dérapages, et elle s'en est
sorti grâce à la politique de la Rahma, la réconciliation nationale. Nous
devons nous réconcilier avec nous-mêmes ne pas rester enfermés dans le
dilemme «Qui sommes-nous ?". Il s'agit de rejoindre les peuples qui se
sont développés.
A
propos de la faible participation au vote en Kabylie, M. OUYAHIA dira que, malgré
l'ébullition qui a régné, il était possible à toutes les populations des
wilayas de Bouira, TIzi-Ouzou et Bejaia de participer au vote.
Les
mois à venir vont apporter la preuve que l'intention du gouvernement de régler
la crise par le dialogue est sincère et n'était pas liée à l'enjeu électoral.
OUYAHIA
fera remarquer aussi que, même si les citoyens de la Kabylie soutiennent les
revendications des Aârouchs, ils affirment aussi qu'il n'y a pas de tutelle sur
les citoyens.
Interrogé
s'il y a des menaces sur la liberté de la presse et si les candidats
concurrents risquent de payer cher leur comportement durant la campagne,OUYAHIA
a indiqué qu'il n'y a pas de danger pour la liberté de la presse. "Mon
souhait est que tout le monde doit convaincu qu'il n' y a pas de tutelle le sur
le peuple". S'agissant de l'opposition, le Chef du gouvernement estime que
l'affrontement est clos, que la page est tournée, "Les relations
politiques continuent, l'amitié continue, chacun reste au service du pays et de
la démocratie".
D’autres échéances vont se présenter à l'avenir".
Interrogé
au sujet du rejet par M. Benflis des résultats du vote, OUYAHIA dira qu'il espère
que les choses évoluent.
"Le
peuple a répondu par le calme hier et aujourd'hui. Toutes les institutions du
pays ont démontré qu'elles sont des institutions qui obéissent aux
prescriptions de la Constitution".
A
propos de la chaîne Khalifa News, OUYAHIA s'est interrogé «qu'attendez-vous
d'un hors-la-loi». Il fera remarquer que Khalifa est l'objet d'un mandat d'arrêt
international et que, tôt ou tard; la justice algérienne l'aura devant elle
pour lui demander des comptes.
A
propos du risque de remise en cause de la démocratie, du pluralisme, OUYAHIA
dira : «Nous sommes très fiers d'avoir mis le cap sur le pluralisme et nous
avons décidé de ne plus refaire les mêmes erreurs faites par le passé".
Il s'agit, là, de choix irréversibles, souligne-t-il.
Interrogé à propos de la constitution du prochain gouvernement, OUYAHIA s'est contenté de dire qu'il faut attendre que le Président de la République désigne le Chef du gouvernement après que ce dernier lui eut remis sa démission.
Election
présidentielle
Le
Chef du gouvernement anime une conférence de presse au Centre international de la presse
16 mars 2004
Sur
instruction présidentielle émise au Conseil des ministres du 21 janvier 2004,
la commission nationale de préparation des élections présidentielles du mois
d’avril prochain a été installée le 31 janvier.
Placée sous la présidence du Chef du gouvernement, cette commission a
regroupé :
-
le ministre d’Etat, ministre de l’Intérieur et des Collectivités
locales ;
-
le ministre d’Etat, ministre des Affaires étrangères ;
-
le ministre de la Justice, garde des Sceaux ;
-
le ministre des Finances ;
-
le ministre des Transports ;
-
la ministre de la Communication et de la Culture ;
-
le ministre des Postes et Technologies de
l’information et de la communication ;
-
le secrétaire général pour l’administration
du ministère de la Défense nationale.
La commission nationale préparatoire
a tenu cinq sessions et a clôturé ses travaux le jeudi 11 mars
Dans ce cadre, elle a arrêté
l’ensemble des dispositions réglementaires, humaines, financières et matérielles
pour permettre la bonne organisation des élections présidentielles du mois
d’avril prochain.
Ainsi, au plan financier, une enveloppe budgétaire de près de 5
milliards de dinars a été dégagée et répartie entre tous les départements
intervenant dans l’organisation de l’opération. Il est à signaler que les
dispositions prises au plan financier et matériel couvrent une élection présidentielle
à deux tours, hypothèse que prévoient la Constitution et la loi.
Au plan réglementaire, la commission a avalisé tous les textes
d’application (décrets, arrêtés et circulaires) pris conformément à la
loi organique révisée relative au régime électoral.
J’en viens maintenant aux opérations liées directement à
l’organisation de l’élection présidentielle. A ce titre, je n’évoquerai
pas la collecte des signatures par les candidats qui est déjà terminée.
Comme chacun le sait, la
convocation du corps électoral est toujours suivie d’une révision des listes
électorales. Cette opération s’est déroulée du 10 au 24 février.
Il est à préciser que la révision des listes électorales s’effectue
dans chaque commune sous la responsabilité d’une commission administrative présidée
par un magistrat désigné par le Président de la cour. Près de 900 magistrats
ont été mobilisés à cet effet.
La révision des listes électorales est également suivie d’une période
de réclamation et de recours octroyée aux citoyens qui voudraient contester
une radiation ou une inscription sur ces listes.
Compte tenu du fait que les périodes de recours ne sont pas encore épuisés,
je ne peux vous communiquer, à ce stade, qu’un chiffre provisoire concernant
le corps électoral pour les élections présidentielles, à savoir : près
de 18 085 000 électeurs et électrices dont :
-
près de 17 216 000 électeurs résidents
-
et près de 868 900 électeurs établis à l’étranger.
Afin de faciliter le
contrôle des listes électorales par les représentants des candidats, les
autorités ont mis ces listes à leur disposition, à leur demande, dès le 8
mars, soit avant la fin des recours.
Comme vous le savez, la loi électorale révisée a énoncé que dans
toutes les élections, les bureaux spéciaux sont désormais supprimés.
Les éléments de l’Armée nationale populaire, de la Sûreté
nationale, de la Protection civile, les fonctionnaires des Douanes et des
services pénitentiaires ainsi que les éléments de la Garde communale
exerceront leur droit de vote directement ou par procuration selon les
dispositions arrêtées par la loi.
Concernant les bureaux itinérants, leur nombre a de nouveau été réduit
cette année pour se limiter aux seules populations nomades ou éparpillées
dans le Sud et les hauts plateaux. Les bureaux itinérants seront au total 402
pour un total de près de 176.000 électeurs et électrices.
A titre comparatif, le nombre des bureaux itinérants a évolué à la
baisse comme suit :
·
7.744 aux élections présidentielles de 1995 pour plus de 2.000.000 d’électeurs ;
·
648 aux élections présidentielles de 1999 pour près de 300.000 électeurs ;
·
485 aux élections législatives de 2002 pour près de 220.000 électeurs ;
·
428 aux élections locales de 2002 pour près de 192.000 électeurs ;
·
402 aux élections présidentielles de 2004 pour près de 176.000 électeurs.
Je signale que le nombre total des bureaux de vote sera de 39.869. Quant
au nombre des centres de vote, il sera de 9.806.
L’ensemble des préparatifs matériels
des élections y compris la production des bulletins de vote sera achevé dans
les délais. Ces matériels seront acheminés à temps à tous les bureaux de
vote y compris à l’étranger.
Je signalerai aussi que les bulletins de vote seront disposés dans les
bureaux selon l’ordre de classement officiellement utilisé par le Conseil
constitutionnel pour annoncer les candidats.
Pour l’affichage réservé aux candidats, plus de 19.000 sites ont été
retenus et matérialisés à travers le pays.
Pour l’organisation des meetings de campagne, plus de 3.000
infrastructures ont été retenues à travers le pays. Leur affectation selon
les journées demandées se fera équitablement, par consensus, entre les représentants
des candidats ou, à défaut, par tirage au sort.
Pour la couverture télévisée des meetings, et comme l’a décidé la
Commission politique nationale de surveillance, le représentant de chaque
candidat choisira les segments à diffuser pendant les deux minutes accordées
à chaque candidat.
Pour la campagne à travers les médias lourds, radio et télévision, le
tirage au sort des temps de passage a été effectué publiquement à la
Commission politique nationale de surveillance avec la participation des représentants
des candidats.
Des dispositions ont été prises
pour permettre la couverture médiatique la plus large possible des élections,
par la presse nationale et par la presse internationale et pour laquelle aucune
restriction n’est placée.
L’Algérie a décidé de faire appel à des observateurs internationaux
pour renforcer la transparence des élections d’avril prochain.
Cette invitation a été adressée aux Nations unies, à la Ligue arabe,
à l’Union africaine, au Parlement européen et à l’Organisation de la coopération
et de la sécurité en Europe où l’Algérie est observateur.
Toutes ces organisations ont répondu favorablement à l’invitation algérienne
et seront présentes dans le cadre des règles régissant leur participation à
l’observation d’élections.
Septièmement : de
l’impartialité des pouvoirs et agents publics et de la transparence des élections
Beaucoup de commentaires sont faits actuellement sur l’impartialité
des pouvoirs publics et sur la transparence des élections.
A ce titre, je rappellerai d’abord que le Président de la République
a diffusé, le 7 janvier, une instruction très claire par laquelle tous les
agents de l’Etat ont été sensibilisés pour s’en tenir à une stricte
impartialité.
En outre, la Commission politique nationale de surveillance des élections
où siègent les représentants de tous les candidats et des partis est présente
à travers toutes les communes du pays, toutes les wilayas et au niveau national
pour recevoir les doléances.
Par ailleurs, la loi électorale comporte 25 articles énonçant des
sanctions pénales contre toute atteinte à la régularité des élections.
A
titre d’exemple, je rappellerai que :
-
toute tentative de manipuler le décompte des
votes de quelque manière que ce soit est punie de 5 à 10 ans de prison ;
-
que toute tentative d’influer le vote des électeurs
est passible d’emprisonnement de trois mois à une année ;
-
que tout refus de remettre le procès-verbal de dépouillement
au représentant d’un candidat est passible d’emprisonnement de 1 à 3 ans.
Mais ,
mieux encore, je me dois d’insister sur les conditions réunies pour la
surveillance des élections par les candidats eux-mêmes à travers leurs représentants.
Premièrement : Pour vérifier l’authenticité du corps électoral,
l’administration a mis les listes électorales par commune à la disposition
des représentants des candidats qui l’auront demandé, comme le dit la loi.
Nous attendons toujours de voir des réclamations précises sur ces listes.
Deuxièmement : Les listes des membres et des suppléants des
bureaux de vote sont affichés aux chefs-lieux de wilaya et de communes concernés
depuis le 8 mars.
Ces listes sont également remises aux représentants des candidats qui
ont le droit de les contester sur la base des données contenues dans la loi.
Cette contestation se fait auprès du wali et, à défaut de satisfaction, auprès
de la juridiction administrative dont la décision est obligatoire et sans
appel.
Troisièmement : Les représentants désignés des candidats
assisteront à toute l’opération de vote, de dépouillement et de décompte
des voix.
Ces représentants seront là pour constater avant le vote que l’urne
ouverte est bien vide. Ils suivront tout le vote et assisteront au dépouillement
qui se fera sur place.
Dans chaque bureau de vote, le représentant du candidat aura le droit de
contester la régularité des opérations de vote en faisant mentionner les réclamations
sur le procès-verbal du bureau de vote, et en informer le Conseil
constitutionnel, comme le prévoit la loi.
Chaque représentant de candidat recevra, au niveau du bureau de vote, la
copie du procès-verbal de dépouillement. Les bulletins de vote qui seront
contestés seront conservés jusqu’à la fin des recours.
Quatrièmement : Conformément à la loi, les représentants
des candidats seront présents au niveau des commissions communales qui feront
le recensement des voix obtenues au niveau de la commune. Ils obtiendront également
sur place une copie du procès-verbal de décompte communal.
Les représentants des candidats recevront aussi une copie du procès-verbal
de la commission de wilaya qui fera le recensement des voix obtenues au niveau
de la wilaya, sous la présidence d’un magistrat.
Cinquièmement : Le refus de remettre le procès-verbal de dépouillement
des votes ou le procès-verbal communal ou de wilaya de recensement des votes au
représentant dûment mandaté de tout candidat est passible d’un
emprisonnement d’une année à trois années.
Sixièmement : Le Conseil constitutionnel dispose de 10 jours
pour recevoir les réclamations des candidats, les étudier et se prononcer à
leur sujet avant de proclamer les résultats officiels du scrutin du 8 avril.
De toutes ces données, chacun pourra constater que toutes les conditions
de transparence et de recours sont réunies pour garantir la régularité des élections
du 8 avril prochain :
-
en ce qui concerne la liste électorale ;
-
en ce qui concerne la composition des bureaux de
vote ;
-
en ce qui concerne le déroulement du scrutin dans
chacun des bureaux de vote qui sont près de 40.000 au total ;
-
en ce qui concerne les résultats de vote dans
chaque bureau ;
-
et en ce qui concerne le recensement des résultats
au niveau de chaque commune et de
chaque wilaya.
Les candidats
disposeront de l’ensemble des procès-verbaux et pourront s’ils le jugent
utile faire recours devant le Conseil constitutionnel.
C’est parce que toutes ces conditions de
transparence sont réunies qu’il est de mon devoir de déplorer la campagne de
doute entretenue à l’avance sur les prochaines élections par certains
milieux.
Il est également de mon devoir de déplorer
les menaces de recours à la rue et à la violence brandies par certains. Nous
en prenons le peuple algérien à témoin.
L’Algérie a suffisamment payé le prix de
la dérive et chacun se rappellera où nous a conduits l’anarchie de 1991.
Les conditions de transparence sont réunies.
Il appartient à chacun des concernés de se préparer à en tirer profit pour
s’assurer que les voix qu’il a obtenues lui sont bien accordées.
La loi est là. Elle est au dessus de tous.
Elle s’appliquera contre toute tentative de fraude. Elle s’appliquera aussi
contre toute tentation par la voie de l’anarchie.
En attendant, j’invite toutes les algériennes
et tous les algériens à aller massivement accomplir leur devoir le 8 avril et
à voter pour le candidat qu’ils auront librement choisi. Leur choix sera
respecté dans la transparence et dans la liberté.
Le
Chef du gouvernement accorde un entretien au journal "Le Figaro"
3 mars 2004
Quel est le bilan du quinquennat du Président Bouteflika ?
L’Algérie se porte mieux qu'en 1999, mais des défis restent à relever.
Les institutions fonctionnent normalement avec notamment un respect des échéances
électorales tandis que la sécurité s'améliore. La violence a baissé grâce
à trois facteurs: les efforts entrepris dans le cadre de la lutte
antiterroriste, la loi dite de concorde civile et le changement du climat
international après les attentats du Il septembre.
Sur
le plan économique, les prix élevés du pétrole ont permis des rentrées
financières substantielles. Ils ont favorisé les investissements ainsi qu'une
dynamique de relance. La croissance a atteint l'an dernier un taux de 6.8%,
l'inflation est maîtrisée et le chômage baisse de six points. Mais nous avons
tout de même 24% de chômeurs, ce qui bien entendu est beaucoup trop.
Vous
avez promis des élections libres et transparentes. Quelles garanties
pouvez-vous donner à la communauté internationale ?
Pour la première fois depuis quinze ans, un président en exercice achève son
mandat. Il a décidé de se représenter d'où une animation particulière. L'
Algérie est un pays issu du tiers-monde où le parcours pluraliste en est
encore à ses début.
Nous avons mis en place un certain nombre de mécanismes destinés à empêcher
la fraude et à garantir un contrôle par les candidats des procédures électorales.
La transparence sera totale. Des observateurs étrangers de la Ligue arabe, de
l'Union africaine, des Nations unies et, pour la première fois, du Parlement
européen sont invités à assister aux opérations.
Des émeutes ont éclaté à Ouargla dans le Sud en marge d'une visite du Président
Bouteflika. Des incidents sont signalés dans d'autres villes. Comment
expliquez-vous ce climat de révolte larvée ?
L'Algérie traverse une période de crise sociale. Le retour de la croissance et
l'amélioration de la sécurité ont fait ressurgir les revendications
populaires.
Les entreprises du sud du pays qui œuvrent dans le secteur des hydrocarbures ou
l'immobilier ont pris l'habitude de favoriser l'emploi de gens venus du Nord d'où
un phénomène de frustration compréhensible.
Ailleurs, ce sont des problèmes récurrents d'accès à j'eau potable qui
provoquent la colère de milliers d'administrés. Les routes sont coupées, on
jette des pierres. Cette situation n'est pas nouvelle. N'oublions pas non plus
qu'il faudrait construire près de 700 000 logis supplémentaires pour rendre la
crise du logement tolérable.
Nous essayons, bien sûr, de prendre en compte les demandes qui s'expriment ici
ou là lors de petites émeutes et des perturbations, mais nous sommes aussi
attentifs aux risques de manipulations politiques à l'approche des éjections.
L'ancien chef d'Etat-major de l'armée, le général Nezzar, explique dans un
livre comment les militaires ont adoubé en 1999 Abdelaziz Bouteflika. Quel rôle
joue l'année dans la présidentielle d'avril?
Les propos et les écrits du général Nezzar n'engagent que lui. Je peux pour
ma part vous affirmer que l'année n'a jamais tenté d'influer sur une de mes décisions.
Il n'y a pas de cabinet occulte ou de cercle des «décideurs». L'Armée
nationale populaire, l'ANP, s'est retirée de la vie politique depuis de
nombreuses années. Elle a dû revenir en première ligne en 1992 pour combattre
la menace islamiste mais le retour à la sécurité a modifié la donne. L'ANP a
rendu publique dès 2002 sa neutralité totale. Elle a indiqué qu'elle
acceptera le verdict de la présidentielle quel que soit le candidat élu par le
peuple.
La justice française a ouvert une enquête sur l'assassinat en 1996 des moines
de Tibhirine. Les autorités algériennes sont-elles disposés à ce que toute
la lumière soit faite sur cette affaire?
Je dois dire tout d'abord ma compassion envers les familles et les proches des
moines français. Ce terrible drame a endeuillé notre pays alors que j'étais
le Premier ministre du Président Zeroual, et je peux vous dire que les éléments
que nous avons recueillis à l'époque ne laissent planer aucun doute sur les
auteurs du crime.
Ils ont été confirmés par les témoignages de repentis. Mais des tentatives
de manipulations à notre endroit se sont greffées sur l'affaire.
Nous avons été victimes de la campagne calomnieuse du «qui tue qui ?». Nous
sommes bien entendu disposés à répondre aux demandes d'entraide judiciaire.
Mais nous ne sommes pas concernés par un éventuel débat franco-français sur
Tibhirine. Par ailleurs, les autorités françaises savent très bien qui étaient
les preneurs d'otages. Elles étaient, il faut s'en souvenir, en contact et en
tradition avec les ravisseurs...
Le
Chef du gouvernement anime une conférence de presse à la résidence Djenane
El-Mithaq
26 février 2004
Le
Chef du Gouvernement M. Ahmed OUYAHIA, a tenu une conférence de presse à
Djenane El Mithaq sur le bilan économique et social. Le débat est aussi ouvert
sur les autres aspects a tenu à
affirmer le Chef de l'exécutif.
2003, une bonne année économique
Le Chef du gouvernement, M. Ahmed OUYAHIA, s’est félicité hier des résultats
économiques enregistrés en 2003, qualifiant de "bonne" l'année écoulée.
.
Présentant
un bilan chiffré des résultats obtenus au cours du quinquennat 1999-2003, M.
OUYAHIA a souligné que la croissance du PIB s'est encore confirmée en 2003, où
elle a atteint un taux de 6,8%. "Ce niveau n'a pas été égalé depuis le
début de la crise économique en 1986", a-t-il relevé.
En
2003, l'inflation a été de 2,6% "malgré un accroissement de la dépense
publique et malgré l'augmentation des salaires". L'exercice
budgétaire a été "équilibré" alors que le Trésor a dégagé un
excédent global de 3%, a-t-il ajouté.
La
balance des paiements a dégagé, pour sa part, un solde positif de 8 milliards
de dollars, a poursuivi M, OUYAHIA.
'Par
ailleurs, les réserves de change ont atteint près de 33 milliards de dollars
alors que le niveau de la dette extérieure a été de 23,2 milliards de dollars
malgré la baisse de la monnaie américaine par rapport à d'autres monnaies
qui, a-t-il noté, représentent près de 70% de la composition de la dette algérienne.
Le
Chef du gouvernement à relevé que l'épargne algérienne détenue par les
institutions financières du pays a atteint "un niveau substantiel"
permettant à l'avenir davantage de crédits à l'investissement ou pour des émissions
obligataires.
Il
a estimé que ''l'année 2003 couronne un quinquennat positif'.
Au
plan macro-économique, a-t-il expliqué, les cinq dernières années ont été
caractérisées par "une croissance continue", "une inflation maîtrisée",
"une situation saine des finances publiques", "une baisse
constante de l'endettement extérieur" et une "une augmentation
continue des réserves de change".
Concernant
l'investissement, M. OUYAHIA a relevé que plus de 2.300 milliards de dinars ont
été engagés par l'Etat. Le budget annuel d'équipement, a-t-il dit. est passé
de moins de 300 milliards de dinars en 1999 à près de 700 milliards de dinars
en 2003.
Pour
sa part. l'investissement privé national a totalisé sur la même période près
de 500 milliards de dinars alors que l'investissement étranger a été de plus
de 800 milliards de dinars.
Au
total, a précisé M. OUYAHIA, le pays a enregistré au cours du quinquennat précédent
près de 3.700 milliards de dinars d'investissements, soit près de 46 milliards
de dollars. Cette "dynamique de relance" a permis durant les cinq
dernières années la création de plus de 60.000 PME et PMI ainsi que plus de
1.100.000 emplois par les différents agents économiques et administrations, a
encore noté le Chef du gouvernement.
Cette
même période, a-t-il ajouté, a vu la création de "plus de 1.200.000 équivalents
emplois permanents par le biais des dispositifs à haute intensité de main- d'œuvre".
M.
OUYAHIA s'est réjoui de cette tendance qui a permis, a-t-il indiqué, de
ramener le taux de chômage de 29,5% à 24,2%.
Le
Chef du gouvernement a souligné que "le dernier quinquennat a jeté les
fondements d'un développement à venir plus soutenu".
Ceci
se confirme notamment, a-t-il expliqué, par la "progression de la réforme"
du cadre de législation économique dans le sillage des négociations pour
l'adhésion de l'Algérie à l'OMC, par celle du système financier, par l'évolution
positive des taux débiteurs auprès des banques et par l'avènement de mécanismes
de soutien à l'investissement.
Ces
perspectives de développement à venir sont également confortées par les
nombreux dispositifs d'aide à la création d'emploi au profit de plusieurs catégories
au sein de la société.
Bilan chiffré des progrès enregistrés durant le
quinquennat
Le
Chef du gouvernement, M. Ahmed OUYAHIA, a présenté un bilan chiffré des progrès
enregistrés durant le quinquennat (1999--2003) en matière de développement économique
et social. Voici, en détail, ces réalisations :
-Près
de 700.000 logements ont été réalisés soit plus de 10% de ce que l'Algérie
possède et près de 250.000 autres sont en chantier.
-Le
nombre des établissements de l'éducation nationale a été renforcé de près
de 15% avec 232 lycées, 536 écoles fondamentales et près de 20.000 classes du
primaire ce à quoi s'ajoutent plus de 400 internats" et demi-pensions.
-L'enseignement
supérieur a vu le doublement des places" pédagogiques et d'hébergement
durant ces cinq dernières années. "
-La
santé publique s'est renforcée de plus de 700 Infrastructures en hôpitaux,
polycliniques, centres de santé et salles de soins, soit 10% du parc total.
-L'hydraulique a connu la réalisation de près de 60 barrages et retenues
collinaires ainsi que plus de 5000 forages.
- Dans le domaine énergétique près 350.000 foyers ont été raccordés à
l'alimentation directe en gaz (soit près de 200.000 nouveaux foyers.
-Le domaine de la jeunesse et des sports a bénéficié de près de 300
nouvelles réalisations entre stades, complexes sportifs et salles
omnisports.
-Le secteur de la culture a connu près de 40 nouvelles réalisations' de
centres et maisons de la culture.
-Le réseau routier s'est accru de plus de 4000 Km de routes goudronnées.
-Enfin le pays s'est enrichi de 8 nouveaux ports de pêche, tout comme 17 aéroports
ont connu des extensions et des modernisations.
Outre leur importance en volume, ces progrès appellent les remarques suivantes
de la part de M. OUYAHIA :
Premièrement:.c'est
un effort national jamais égalé depuis la période des années soixante-dix et
qui a touché les 48 wilayas du pays.
Deuxièmement:
C'est un effort réalisé essentiellement avec des capacités financières
nationales, les crédits extérieurs représentant une part minime comme le
confirme le désendettement continu du pays.
Troisièmement
: C'est un effort dans lequel l'investissement privé national ou étranger
occupe une place appréciable appelée à se développer.
Quatrièmement:
les nouvelles réalisations se font désormais dans des délais nettement réduits
et à des coûts mieux maîtrisés.
Jamais autant d'investissement depuis 1970
L’Algérie
n'a pas autant investit depuis les années 1970, fait remarquer M. Ahmed
OUYAHIA. C'est sur l'ensemble du territoire que se comptent les chantiers. On a
surtout compté sur les capacités nationales fait aussi remarquer le Chef du
gouvernement qui rappelle qu' en 2003, la
dette extérieure est en diminution et que les étrangers sont de plus en plus
intéressés par l'investissement en Algérie.
Le secteur privé national est en progression, les réalisations d'équipements
et d'ouvrages mieux maîtrisés et les coûts en réduction, les taux de crédits
à l'investissement, qui étaient de 25 % dans le passé, sont à hauteur de 8,7
% dans les guichets de
banques. Une caisse de garantie de crédits pour la PME a été créée, Elle bénéficie
de 30 MDA de fonds de garanties de la part de l'Etat soit 450 millions de
dollars.
On peut affirmer aujourd'hui que l'Algérie est sortie de la crise économique
relève M. Ahmed OUYAHIA, mais doit achever sa phase de transition économique
pour que les réformes atteignent leur plénitude. Dans le débat, ce sont les
conflits sociaux, les visites à l'intérieur du pays du Président de la République,
les visites aux zaouias, les élections et l'accréditions des étrangers, les
libertés publiques qui sont venus dans le jeu des questions réponses.
Augmentation
de la demande sociale-Conflits sociaux
Avec le retour de la sécurité, les demandes sociales ont augmenté
bien entendu car de nouveaux besoins s'expriment. Durant ces cinq ans le SMIG a
augmenté de 80% (1998=6OOO DA, 2003=10 000 DA)
Mandat
présidentiel
C'est la première fois qu'un président élu achève son
mandat.
Le gouvernement et les élections
La loi électorale à été amendé et votée par le parlement.
Une majorité existe à l'APN, qui a
empêché le Parlement de prévoir. des dispositions autres pour la gestion des
élections. Que fait en réalité le gouvernement dans le cadre de ces élections.
Il faut savoir que son travail se termine dans une dizaine de jours.
Partis
politiques non autorisés
Il ne s'agit pas de partis interdits, mais de partis politiques
non agréés, 35 officient sur la place.
Conflit presse-imprimeurs : Les journaux doivent s'acquitter de leurs dettes
Les journaux doivent s'acquitter de leurs dettes envers les
imprimeries.
Droits de
l'homme en Algérie, position américaine
Dans le rapport sur les droits de l'homme publié par le
gouvernement américain, mercredi dernier, dans le chapitre concernant les
droits de l'homme en Algérie, il est clairement souligné que ceux-ci sont
bons, il y a, est-il déclaré de bons progrès, une amélioration en matière
de liberté d'expression.
Accréditations des
journalistes étrangers pour le scrutin présidentiel
L'Algérie n'est pas une île isolée. Elle ne fait qu'appliquer
ce qui s'applique à travers le monde en la matière, au Japon, comme aux
Etats-Unis, en France.
Visites du Président de la République aux Zaouias : Un devoir naturel
Le Chef de l'Etat a sacrifié à un devoir naturel en considération
du travail qu'accomplissent ces institutions qui sont un véritable rempart
contre le terrorisme et le charlatanisme.
Incidents de
Ouargla
J'ai instruit le ministre du travail et de la Sécurité sociale a
souligné le Chef du gouvernement qui doit, se rendre à Ouargla. Nous allons
donner du travail à nos enfants qui s'estimaient pénalisés par rapport aux
travailleurs venus du Nord et qui trouvent à s'embaucher. N'oublions pas qu'il
y a 17 000 étudiants à l'université de Ouargla. Il faut leur préparer l le
terrain lorsqu'ils arriveront sur le marché du travail.
La fraude électorale
: Des moyens importants offerts aux candidats
Les moyens qui sont entre les mains dès candidats sont prévus par
la loi électorale amendée récemment. Ils sont importants: tout candidat peut
demander une copie de la liste électorale commune par commune. La loi prévoit
la présence de représentants des candidats à l'intérieur du bureau de vote
pendant le déroulement des opérations et au moment du dépouillement. Le
candidat recevra les résultats.
Conseil
constitutionnel
La liste des personnes affectées dans les bureaux de vote est
publique. Il peut y avoir contestation auprès de la justice. Le Chef du
gouvernement rappelle que le président de commission de surveillance, M.
Bouchaïr, a déjà été salué lors des précédents scrutins par tous les
observateurs pour le travail qu'il a réalisé.
L'état d'urgence
La situation sécuritaire s'est nettement améliorée, mais nous combattons
encore le terrorisme. Un contingent de nos braves djounoud tombe encore régulièrement
dans des embuscades. Est-ce pour cela que l'état d'urgence a empêché la vie
politique de suivre son cours, bien sûr que non.
L'Etat
d'urgence et Patriotic Act
Si les Américains comme il a été affirmé dans ce débat,
demandent à l'Algérie la levée de l'état d'urgence, nous sommes en droit
nous aussi de leur demander la levée de leur Patriotic Act.
Services de
sécurité et neutralité de l'Armée vis-à-vis du champ politique
L'Algérie est fière d'avoir des services de sécurité qui
demeurent vigilants et attentifs dans le cadre de la mission qui est la leur. Il
s'agit d'un instrument important de
la République. Quand à l'ANP, elle répond aux missions qui sont
constitutionnellement les siennes et qui se rattachent à la
défense du territoire national.
Dans les années 1990, elle a évité l'effondrement des institutions de la République
par une lutte farouche menée contre le terrorisme.
Gouvernement
On ne peut changer de gouvernement chaque fois qu'il y a organisation d'élections.
Sinon il faudrait, plusieurs gouvernements durant un quinquennat.
Maintenant si un gouvernement part, on ne dira jamais que c'est la fin du monde.
Il faut accepter les règles universelles de gestion politique et de démocratie
politique. C'est un apprentissage difficile, mais nécessaire et indispensable.
Télévision
et verrouillage
S'il y a un parti politique dont les activités n'ont pas été
couvertes, si un candidat n'a pas eu droit à une retransmission à la télé,
j'aimerais le savoir.
Disponibilité
pour le dialogue Arouch et tamazight
On a décidé d'appliquer les six incidences. Nous restons
disponibles pour le dialogue. Il y a des tabous qui sont tombés.. Si on avait décidé
que tamazight soit une langue officielle, certains auraient crié à la
violation de la Constitution par le gouvernement. Nous ne sommes pas là pour
faire du spectacle, ce n'est pas cela la politique.
On sait ce
que la manipulation de la religion a coûté au pays : Prêche
J'aurais préféré que l'on saisisse les tribunaux; car on ne
peut s'amuser avec ce qui est sacré.
Il s'agit-là d'une agression contre la collectivité nationale. La caricature
parue il y a quelques jours dans Liberté et qui a valu une réaction
dans les mosquées, relève d'un comportement irresponsable. Cela étant, je le
dis bien, j'aurais préféré que la justice en soit saisie.
Le
prêche est une réaction qui reste regrettable pour autant la presse peut
devenir un plus pour ce pays si elle s'imprègne bien de sa mission.
Elle
est d'un apport positif, mais il y a, il faut bien se rendre compte, des
glissements regrettables.
On
peut défier le pouvoir, ne pas être d'accord avec lui, on ne peut pourtant défier
une collectivité nationale. La religion est le grande ciment social pour le
pays. Mais elle est aussi un fragile baril de poudre.
Incidents d'El Harrach et Oued Smar et Ouargla: Il y a eu aussi de la
manipulation et de l'intox
Concernant l'emploi, l'Etat fera son devoir, concernant les dépassements,
la justice sera saisie. A Oued Smar, il y a eu un mort, l'intox a vite fait de
tuer un deuxième qui avait été blessé. Or, il a été transféré à Paris
par Euro-Assistance. Il se trouve dans un hôpital parisien.
Seul le droit de réserve m'oblige à ne pas donner des noms, car il y a eu
manipulation des manifestants. Idem pour EI-Harrach. Il ne s'agissait lors des
incidents à Oued Smar, d'un tir délibéré d'un darki. C'est un accident. Cela
étant, le darki est incarcéré. Le tribunal militaire a décidé de se
dessaisir au profit du tribunal civil.
Nous espérons que de tels incidents ne se renouvellent plus. On ne peut
cependant, sous prétexte d'incidents, jeter l'opprobre sur un corps ou une
institution. Les darkis sont aussi nos enfants. N'oublions pas qu'ils tombent
encore sous les coups de groupes terroristes.
lncidents
de Sfax: On ne peut décréter la guerre pour cela
Ces incidents se sont passés il faut le rappeler dans un stade à
l'occasion d'une rencontre sportive.
Les autorités tunisiennes nous ont aidé à rapatrier nos nationaux. Une
commission d'enquête doit être constituée par les autorités tunisiennes.
Elles
sont d'accord. Faut-il pour autant que l'on se déchaîne sur les tunisiens?
Certains ont demandé de bloquer les voitures de Tunisiens de passage en Algérie.
On ne peut souscrire à une telle vision des choses.
Au
mois de septembre prochain, l'Algérie recevra les Jeux panarabes, faudrait-il
qu'on allume le feu chez nos jeunes en réaction aux incidents de Sfax? La démocratie
ne peut permettre de se jouer de l'Algérie.
Cela étant, l'APN veut constituer sa propre commission d'enquête. C'est son
droit, on peut aussi contester la position du gouvernement.
Mais on ne peut se jouer de l'Algérie.
Une justice selon les normes universelles. Education
nationale: il n' y aura pas de suppressions d'emplois
La réforme de la justice se poursuit dans toute sa dimension
(restructuration, formation, droit de la défense renforcé, assistance
judiciaire). On ne peut cependant créer une justice à part
en Algérie. Il y a des nonnes universelles et notamment en matière de
traitement des affaires civiles, il y a des procédures qu'on ne peut éviter et
qui elles seules peuvent expliquer parfois la longueur des procès.
Concernant l'éducation, il n'y aura pas de suppressions d'emplois, mais bien au
contraire, création de nouveaux emplois.
Gestion
financière
L'Algérie essaye de ne pas aller sur les marchés financiers extérieurs
pour emprunter. Ainsi, Air Algérie qui a une commande de 800
millions de dollars pour l'achat d'avions s'adressera au marché national
è travers des emprunts obligataires.
Le
Chef du gouvernement accorde un entretien au journal "Le Parisien"
23 février 2004
Les adversaires du Président Bouteflika réclament
votre départ. Votre présence empêcherait une élection transparente…
Je ne partirai pas.
Un Chef de gouvernement n’a pas à démissionner parce qu’un scrutin se prépare.
Les premiers ministres français démissionnent-ils à la veille d’une élection
présidentielle ?
Le scrutin du 8 avril sera-t-il « libre
et transparent » ?
Toutes les garanties sont là. La loi électorale a été révisée le 19
janvier dernier. Et elle prévoit tout ; surveillance des candidats, leur
présence au dépouillement, possibilité de se faire communiquer les listes électorales
et la disparition des bureaux spéciaux.
Une commission d’organisation que je préside ne s’occupe que de logistique.
Le vote et sa transparence sont donc entre les mains des électeurs et des
candidats.
Une élection truquée, cela ne tient pas debout ! Elle ne servirait ni le
nouvel élu, ni l’Algérie. Elle sera transparente.
Ce
n’était absolument pas indispensable. Mais leur présence est un « plus »
souhaité par le Président.
Alors que l’armée insiste sur sa neutralité qui dit-elle, n’est pas
synonyme d’indifférence, on lit que « les décideurs » ont
« lâché »le président…
Il faut cesser de prendre l’armée pour un « club de janissaires ».
Il n’y a pas de cabinet noir qui fait les dirigeants. L’armée souhaite que
les politiques fassent la politique. Et son travail, à elle, c’est
d’assurer la sécurité des biens et des personnes. C’est ce qu’elle veut
faire, ce qu’elle a fait et ce qu’elle fait. Elle veillera, au besoin, au
respect de l’ordre démocratique et républicain.
Bien
sûr, elle est la colonne vertébrale du pays. Mais elle n’intervient pas dans
sa gestion politique. L’armée a eu un rôle important, et même primordial,
dans les années où il fallait lutter contre le terrorisme et dans le cadre
d’un régime exceptionnel. Elle a sauvé l’ordre républicain et rempli sa tâche.
S’il y’ a, aujourd’hui, une crise politique, nous avons les institutions nécessaires
pour la résoudre.
Vos
adversaires vous reprochent de monopoliser la télévision
Il
y’ a 90 journaux de la presse écrite indépendante qui écrivent ce qu’ils
veulent, souvent avec une rare violence. La télévision, et c’est normal,
« couvre »les déplacements du président.
Les médias publics ne peuvent pas hiberner en attendant la période électorale.
Actuellement, alors que la campagne n’a pas encore commencé, elle rend compte
aussi des activités des adversaires du Chef de l’Etat.
Le
Chef du gouvernement accorde un entretien au journal "El Hawadith"
10 février 2004
Des
nouvelles contradictoires parviennent d'Algérie
donnant une idée inexacte de la situation donnant une idée inexacte de la
situation politique sur le
terrain.
Qu'auriez-vous à dire à ce sujet?
En réalité, l'Algérie prépare les prochaines élections présidentielles en toute transparence et fait appel, à cet effet, à des observateurs internationaux sur la base du pluralisme reposant sur la loi. Dans ce contexte, il importe de signaler que le parlement a procédé à une nouvelle lecture du code électoral en toute liberté, afin de satisfaire une forte majorité de citoyens désireux de renforcer la régularité du scrutin et sa transparence. Mais la révision de la loi électorale n'a rien apporté de nouveau, hormis le vote des forces armées dans les ca