Déclaration de politique générale présentée par M. Ahmed OUYAHIA, Chef du gouvernement, devant le Conseil de la Nation

8 juin 2005

 

 

 

Bismillah Errahmane Errahim, 

Monsieur le Président du Conseil de la Nation,

Mesdames et Messieurs les Membres du Conseil de la Nation,

Mesdames et Messieurs les Membres du Gouvernement,

Mesdames et Messieurs les représentants de la presse,

Mesdames et Messieurs,

 

Il y a quelques jours, le Gouvernement a présenté sa Déclaration de Politique Générale, devant l’Assemblée Populaire Nationale, conformément aux dispositions de la Constitution.

 

Par attachement à une tradition heureuse, le Gouvernement désireux de cultiver le dialogue avec le Conseil de la Nation, se présente aujourd’hui devant vous pour aborder le bilan et les perspectives de la politique nationale de développement mais aussi et surtout pour répondre à vos commentaires et interrogations.

 

A cette occasion permettez moi d’abord, Monsieur le Président du Conseil de la Nation, de m’adresser à vous pour vous renouveler mes sentiments de très haute considération pour tout ce que avec donné et que vous continuez d’offrir comme efforts et comme contribution au service de l’Algérie.

 

Après avoir pris part à la lutte de libération nationale, vous êtes resté avec fidélité au service de la République, vous distinguant encore davantage par votre apport généreux dans les moments les plus douloureux vécus par l’Algérie indépendante. C’est dans cette tradition militante que vous continuez à mettre vos grandes qualités d’homme d’Etat au service de la Patrie et c’est cela qui vous vaut le respect de chacun et de tous.

 

A vous, mesdames et messieurs les membres du Conseil de la Nation, je voudrai vous dire l’honneur que ressent le Gouvernement devant cette nouvelle occasion de s’adresser à vous.

 

En effet, au rôle et à la place constitutionnelle de votre honorable assemblée s’ajoute la haute signification de sa composante : des représentants des élus locaux que je salue, des compétences nationales précieuses, des personnalités nationale de grande audience, mais aussi et surtout de grandes figures de la valeureuse Armée de Libération Nationale auxquelles nous exprimons de nouveau notre profonde et respectueuse reconnaissance.



 

Monsieur le Président,

Mesdames et messieurs les Membres du Conseil de la Nation,

Mesdames, messieurs,

 

Le Gouvernement vous a remis il y a quelques jours déjà le bilan de son activité et des progrès enregistrés par notre pays durant l’année écoulée. Ce bilan est très détaillé, je vous ferai donc l’économie de sa présente de nouveau. Ce bilan est aussi porteur d’un message d’espoir pour le développement national et partant pour le bien être du peuple algérien.

 

Mais, ce message d’espoir n’est assurément pas un signe d’autosatisfaction qui n’a guère encore sa place dans aucun domaine. Il n’est surtout pas une invitation au relâchement des efforts, au populisme,  et encore moins à la démagogie. Voilà pourquoi, j’entends insister de nouveau devant vous sur les lacunes et les défis auxquels nous devons encore faire face.


 

 

Monsieur le Président,

Mesdames et messieurs les membres du Conseil de la Nation,

Mesdames et messieurs,

 

Nous vous avons indiqué que la situation sécuritaire s’est fortement améliorée à travers le pays. Cependant, ce constat ne doit pas nous faire oublier que des Algériens meurent encore dans la lutte contre le terrorisme, et que des citoyens et des citoyennes sont encore assassinés par les groupes barbares même réduits et traqués. C’est là une tragique réalité qui nous interpelle encore et qui peut toujours se produire, à chaque instant, comme c’est le cas dans d’autres pays.

 

Il nous revient de soutenir la réconciliation nationale à laquelle adhère notre peuple. Il nous revient de nous préparer à la concrétiser dans les faits, le moment venu lorsque  la Nation souveraine sera consultée à son sujet et au sujet des mesures devant l’accompagner. Mais il nous revient aussi de nous dresser tous ensemble face au terrorisme.

 

En effet, il est du devoir de chacun de condamner avec la plus grande vigueur les crimes barbares du terrorisme car ses victimes sont nos frères et nos sœurs. Il est de notre devoir d’œuvrer à maintenir la mobilisation de notre société contre les lâches criminels car, il y va de la sécurité de notre population.

 

La démarche de Monsieur le Président de la République œuvre à la réconciliation nationale et tend vers la paix civile dans le pays, y compris par la voie de l’amnistie.

 

Cependant, n’oublions pas et ne faisons pas semblant d’oublier que cette même démarche intègre également une lutte sans réserve contre les criminels. Cette détermination est sans cesse réitérée par le premier responsable du pays et elle se manifeste quotidiennement par l’engagement de nos forces de sécurité.

 

Cette détermination et cet engagement ont également besoin de l’engagement de toute la classe politique et de la mobilisation vigilante de tous les citoyens pour hâter la réalisation des objectifs auxquels tend la réconciliation nationale qu’il s’agisse de la paix civile ou qu’il s’agisse de la disparition totale du terrorisme criminel.


 

 

Monsieur le Président,

Mesdames et messieurs les membres du Conseil de la Nation,

Mesdames, messieurs,

 

Le bilan qui vous a été distribué expose également les progrès réalisés par notre pays dans la lutte contre les maux sociaux et la criminalité sous toutes ses formes.

 

Dans ce domaine, notre arsenal législatif et nos potentiels de lutte connaîtront encore des développements conséquents durant les prochaines années. Cependant, cette lutte a aussi grandement besoin de la mobilisation et de la participation des citoyens, car l’enjeu en est l’affirmation de la loi contre les pratiques mafieuses qui saignent l’économie nationale, contre les réseaux du crime qui déversent la drogue sur notre jeunesse, et contre tous les maux sociaux et crimes qui agressent notre société et nos citoyens.

 

Dans cette lutte, les partisans de la rente qui ont prospéré pendant les années difficiles, tentent et tenteront d’entraver la consolidation de l’Etat de droit. Ils s’agiteront chaque fois que cela leur sera possible par les voies insidieuses de la rumeur, de la tentative de manipulation de la population et même par les voies de la menace et de l’agression. Voilà pourquoi, l’engagement de l’Etat dans cette lutte a tant besoin de la réhabilitation de l’esprit civique et de l’engagement de toute la société.

 

C’est par le recours des citoyens aux tribunaux chaque fois que l’intérêt de la collectivité est atteint que nous aurons des résultats plus accrus. La population y apportera également une contribution importante en s’éloignant totalement des voies de l’anarchie trop souvent manipulées, pour accaparer l’attention des pouvoirs publics et distraire les moyens des forces de police, au bénéfice de ceux qui pillent le pays. L’Etat de droit c’est aussi le civisme cultivé par chacun, c’est la revendication des droits mais c’est aussi la prise en charge des devoirs.

 

En ce qui le concerne, le Gouvernement est résolu à veiller à s’appuyer sur la Justice pour faire respecter la loi par tous et en toutes circonstances, qu’il s’agisse du crime, de la contrebande, de la corruption, qu’il s’agisse de la violence et de l’anarchie, ou qu’il s’agisse de la prise en otage des droits des citoyens par l’usage abusif de la revendication.


 

 

Monsieur le Président,

Mesdames et messieurs les membres du Conseil de la Nation,

Mesdames et messieurs,

 

Le Gouvernement vous a également fait état des données de l’Office National des Statistiques qui attestent du recul du chômage à 17,7%, ce qui est un progrès important lorsque l’on se rappelle que ce taux était de près de 30% en 2000 seulement. Mais cette évolution ne doit pas nous faire oublier qu’il existe actuellement dans notre pays près de 1.700.000 chômeurs dont 73% ont moins de 30 ans. Nous devons également avoir à l’esprit que plus de 11 millions de nos concitoyens sont âgés de moins de 17 ans.

 

Ce chiffre nous interpelle pour mesurer dès aujourd’hui, combien de millions d’emplois l’Algérie devra s’atteler à créer, combien de centaines de milliers de places nouvelles seront nécessaires demain, dans les écoles et les universités, et combien de millions de logements seront requis, à moyen terme, pour les nouveaux foyers qui se constitueront.

De la même manière, le Gouvernement qui vous a indiqué l’état encourageant de l’économie nationale et  de la balance des paiements souhaite vous rappeler d’autres chiffres plus préoccupants.

 

A titre d’exemple, si nos importations sont passées de plus de 13 milliards de dollars en 2003 à plus de 18 milliards de dollars en 2004, nos exportations hors hydrocarbures n’ont elles évolué que de 470 à 788 millions de dollars durant la même période.

 

Cette seule comparaison reflète toute la gravité de notre fragilité économique dans le cas où le marché mondial du pétrole venait à connaître de nouveau un retournement, même à moyen terme. Dans le même temps, nous ne devons pas oublier notre ouverture sur l’économie mondiale. La négociation pour l’adhésion à l’Organisation Mondiale du Commerce se poursuit mais nous savons déjà que notre économie sera intégrée dans une zone franche avec l’Europe à partir de 2017, soit dans douze années seulement.     

 

C’est donc par rapport à nos lacunes actuelles et aux défis de demain que nous devons tracer la voie à suivre pour construire durablement notre pays, notre économie, et partant l’avenir de notre peuple auquel nous devons éviter de futures désillusions après la période de d’aisance toute relative que nous traversons aujourd’hui. L’Algérie possède des atouts pour relever ce défi. Il s’agit pour elle, avec le concours de tous, de les mettre en œuvre de la manière la plus fructueuse.

 

Le programme de Monsieur le Président de la République, programme auquel notre peuple a adhéré avec une forte majorité a tracé la voie à suivre. La démarche du  Gouvernement que vous avez bien voulu approuver le 27 Mai de l’année dernière, et dont nous vous rendons compte aujourd’hui de l’exécution durant une année, a énoncé les moyens de concrétiser le programme présidentiel.

 

Permettez moi donc de vous entretenir à présent des étapes et des objectifs vers lesquels s’achemine l’action gouvernementale.

 

 

Monsieur le Président,

Mesdames et Messieurs les membres du Conseil de la Nation,

Mesdames et messieurs,

 

S’agissant de la mobilisation des ressources et des moyens au service du développement, Monsieur le Président de la République a, personnellement, annoncé  au peuple algérien le gigantesque programme complémentaire de soutien à la croissance pour la période 2005 à 2009, doté de 4200 milliards de dinars, programme qui sera examiné  par votre honorable Assemblée, à l’occasion de la présentation des projets de loi des finances complémentaire pour l’année en cours et pour l’année 2006.

 

Je sollicite donc votre indulgence en n’abordant pas les détails de ce programme pour m’atteler à vous en exposer d’abord la démarche.

 

 

 

En premier lieu, le Gouvernement procédera au lancement massif des projets contenus dans le programme quinquennal. Chaque fois qu’un projet est maturé, l’appel d’offres sera lancé ; chaque fois qu’un contrat est conclu le chantier sera mis en route pour réduire ainsi les délais de réalisation. C’est d’ailleurs cette procédure qui est en cours en ce qui concerne le million de logements pour lesquels les assiettes foncières ont déjà été identifiées et les appels d’offres en phase de lancement.

 

En second lieu, l’ensemble de ce programme sera financé par des ressources nationales qui seront disponibles. Ce choix nous évitera les délais de négociation des crédits extérieurs. Il nous évitera également l’alourdissement de l’endettement extérieur du pays que le Gouvernement travaille à ramener de son niveau actuel de 21 milliards de dollars à 10 milliards de dollars environ à la fin de l’année 2009. Notre pays n’acceptera de recourir à des crédits extérieurs que dans le cas de prêts concessionnels, à très long terme et à des conditions particulièrement avantageuses.

 

En troisième lieu, le financement des chantiers sera assuré sans rupture pour éviter les arrêts habituels grâce à des procédures que le Gouvernement vous proposera à l’occasion de l’examen de la loi de finances.

 

Enfin, en quatrième lieu, l’appel à concurrence pour la réalisation du programme sera ouvert aux entreprises nationales et étrangères. Nos capacités nationales de réalisation sont insuffisantes ou parfois même inexistantes dans certains domaines. En la matière, nos adversaires sont le temps et la qualité des réalisations. Voilà pourquoi les potentialités nécessaires seront mobilisées y compris à l’extérieur, avec un  avantage pour les entreprises étrangères qui accepteront d’accompagner leurs réalisations par des investissements locaux.       

 

S’agissant à présent des objectifs du programme quinquennal, je voudrais vous en présenter quelques données.

 

En premier lieu, ce programme permettra à notre pays de créer une deux millions d’emplois de toute nature, de répondre aux besoins de la population en divers domaines qu’il s’agisse du logement, de la santé ou de l’enseignement, et enfin de consolider les infrastructures de base du pays qu’il s’agisse des réseaux routiers et ferroviaires ou qu’il s’agisse de la ressource en eau.

 

En second lieu, ce même programme contribuera à un développement plus important des régions déshéritées, à réduire l’exode rural, et à engager la concrétisation de notre politique d’aménagement du territoire notamment dans les régions des Hauts Plateaux et du Sud. Les instruments existent pour appuyer ainsi le développement des régions déshéritées. Des mécanismes sélectifs d’encouragement seront mis en place pour inciter l’investissement à ne pas se concentrer uniquement sur la bande côtière du pays.  

 

En troisième lieu, les 4200 milliards DA de dépenses publiques de développement ne manqueront pas d’encourager et d’inciter davantage l’investissement privé national ou étranger.

 

En fait, si le budget public engagera 55 milliards de dollars, c’est un total de près de 100 milliards de dollars d’investissements qui est attendu sur les cinq années du programme.

 

En quatrième lieu, le programme quinquennal offre un formidable plan de charge pour les entreprises nationales qui sont invitées à en tirer profit, en faisant les efforts nécessaires pour se moderniser et en se préparant ainsi à la compétition avec les concurrents étrangers en Algérie et au delà de nos frontières.

 

Bien sûr, d’aucuns diront que la modernisation des entreprises nécessite le concours de l’Etat. A ce sujet, je tiens à confirmer ici que le Gouvernement qui mobilise déjà des moyens significatifs pour ce soutien aux entreprises, est disposé à engager davantage de moyens à cette fin.

 

Ainsi les mécanismes de garanties pour le crédit à la PME sont à la disposition de nos entreprises. Ainsi également, les avantages à l’investissement seront encore renforcés dans les zones défavorisées. De la même manière, les conditions du crédit iront en s’améliorant grâce aux liquidités disponibles, à la stabilité de la monnaie et enfin aux mesures que le Gouvernement entend prendre à cette fin. Dans le même temps, c’est aux entrepreneurs d’initier les programmes de modernisation dont ils ont seuls la responsabilité. C’est aux investisseurs de faire des choix encourageant la création de synergies industrielles autour de la production locale pour en augmenter la valeur ajoutée et la qualité compétitive.  

 

 

Monsieur le Président,

Mesdames et messieurs les membres du Conseil de la Nation,

Mesdames, messieurs,

 

Les moyens financiers mobilisés par l’Etat au service du développement pour les cinq années ne sauraient à eux seuls garantir le véritable décollage économique qui demeure notre  objectif stratégique et qui nécessite de profonds changements.

 

Bien sûr, parmi ces changements, il y de nombreuses réformes réclamées par tous dans le domaine bancaire, de l’Administration, de la Justice et de bien d’autres services publics. Encouragé par les résultats déjà concrétisés dans ce domaine, le Gouvernement vous réitère son engagement à faire progresser encore davantage ces réformes et à en finaliser certaines à court terme.

 

Cependant, ces réformes structurelles doivent être accompagnées par d’autres mutations pour gagner la bataille de la compétition sur le marché mondial.

 

En premier lieu, nous devons préserver et développer les avantage comparatifs de notre économie, dont le coût de la main d’œuvre, un pari que nous pouvons gagner par une politique salariale raisonnable qui, comme partout ailleurs dans le monde, évoluera selon les critères de la croissance, de l’inflation et de la productivité. En tout état de cause, ce choix a déjà été arrêté au niveau du Conseil des Ministres en Septembre dernier.

 

En second lieu, nous devons mettre à niveau les services de soutien à l’économie. J’illustrerai mon propos par quelques exemples concrets.

 

 

 

Ainsi, nos ports ne sauraient demeurer dans un état qui fait que le coût de transport d’un conteneur entre l’Europe et l’Algérie est de 1000 dollars, alors que ailleurs, entre les Etats-Unis et l’Europe ce coût n’est que de 400 dollars pour une distance double. Voilà pourquoi nous travaillons à attirer des partenaires étrangers de renommée auxquels nous concéderons la gestion de nos ports.

 

Ainsi également, notre transport maritime ou aérien de marchandises doit être en mesure de se mettre au service de nos exportations, ce qui n’est guère le cas aujourd’hui. Voilà pourquoi, nous oeuvrons a conclure des partenariats dans ce domaine en étant même disposés à céder une large part du capital de nos compagnies.

 

De la même manière, nos banques doivent être efficaces mais aussi s’insérer dans les circuits bancaires mondiaux. C’est pourquoi, nous avons lancé le processus d’ouverture du capital d’une première banque publique et nous envisageons d’élargir cette approche.

 

En troisième lieu, l’Etat doit se désengager de l’activité productive hors de quelques secteurs stratégiques tels que l’énergie. Le processus de privatisation mis en route sera donc poursuivi pour l’ensemble des 1200 entreprises publiques listées à cette fin. Ce faisant, l’Etat veillera à la préservation des emplois existants et à la création de nouveaux, et  pourra ainsi consacrer plus de ressources à la promotion de l’investissement et au soutien aux entreprises, après avoir mobilisé pendant des années des centaines de milliards de dinars aux opérations d’assainissement des entreprises publiques.

 

En quatrième lieu, l’Etat doit veiller à combattre le gaspillage de la ressource nationale y compris financière. En ce domaine, l’exemple de l’eau est particulièrement édifiant.

 

Actuellement, cette ressource pourtant rare est l’objet de gaspillage dans son usage à travers les pertes sur les réseaux, de gaspillage financier par le non paiement de son prix par beaucoup d’usagers. Dans une telle situation chacun admettra que l’eau dessalée qui sera bientôt produite en grande quantité au bénéfice des citoyens, ne pourra au regard de son coût, être l’objet d’une même politique. Voilà pourquoi, nous mobiliserons des partenaires internationaux de renom pour la gestion ou pour la concession de l’eau.  

 

En cinquième lieu enfin, et à travers tous ces choix, le Gouvernement entend orienter de plus en plus les capacités de l’administration publique vers sa mission fondamentale de service public, de régulation et de contrôle. Il entend également libérer davantage de ressources financières publiques pour une meilleure prise en charge de la solidarité nationale qui reste un choix fondamental du pays dans le cadre du principe de justice sociale.

 

De telles réformes ne sont ni une renonciation à la souveraineté nationale, ni un relâchement du patriotisme ni même une atteinte à notre identité. D’autre pays du Sud de la planète, même  d’obédience communiste les ont réalisées ; des pays frères arabes ont mis en place ces mêmes réformes avec succès. 

 

 

Au demeurant, il est utile de méditer également l’expérience de l’Europe ce continent développé. Nous y constatons que même l’alternance des tendances politiques n’a guère remis en cause les choix et les politiques qui s’imposent, et les exemples sont nombreux. Nous pouvons y constater également que la compétition du marché international a dicté des choix et des changements.

 

L’Algérie ne saurait vivre coupée du reste du monde, ni encore moins exposer encore une fois son peuple aux désillusions déjà chèrement payées, par le fait du primat des débats idéologiques sur les mutations indispensables. Ces mutations  se feront grâce à nous ou à nos dépens. Nul doute que le consensus national accélérera le rythme de ces mutations et nous rapprochera d’autant de leurs résultats. C’est donc à la révision de nos mentalités et à ce consensus nécessaire que le Gouvernement en appelle, en reprenant d’ailleurs l’appel maintes fois répété de Monsieur le Président de la République aux forces sociales et politiques du pays pour concrétiser ces synergies.

 

Cet appel a été adressé par le Gouvernement à ses partenaires économiques et sociaux, dans le cadre de la Tripartite, et c’est à ce consensus que tend le Pacte National Economique et Social où seront consignés les apports de chacun au bénéfice du pays. C’est ce même appel que je vous adresse à vous, honorables membres du Conseil de la Nation, dans le respect de vos opinions et de vos pouvoirs, pour le bien être de l’Algérie.

 

            C’est sur cet appel que je conclue mon intervention, me tenant à votre disposition pour répondre à vos remarques et à vos interrogations.

 

Merci de votre aimable attention.