Allocution de Monsieur Ahmed OUYAHIA, Chef du gouvernement,
à la cérémonie d'installation de la Commission nationale sur la gouvernance dans le cadre de la mise en œuvre du mécanisme africain d'évaluation par les pairs  


12 mars 2005

 

 

 

Mesdames et Messieurs,

 

C’est avec un grand plaisir que je viens aujourd’hui présider à l’installation de la Commission Nationale sur la Gouvernance.

 

Je suis convaincu que vous êtes en mesure d’apporter votre contribution au renouveau national incarné par Son Excellence le Président de la République.

 

Comme vous le savez, la promotion de la démocratie et la bonne gouvernance est au centre de la nouvelle approche de développement dont le NEPAD est porteur.

 

Cette approche s’appuie sur les enseignements tirés de la mise en œuvre des programmes économiques antérieurs et de la nécessité de les adapter aux réalités et aux besoins de développement des pays africains.

 

Elle repose aussi sur la réactualisation des défis liés à la relance, sur des bases saines et durables du processus de croissance et de développement sur le continent africain.

 

Le NEPAD, en dernière analyse n’est autre qu’une conception opérationnelle de développement appréhendée en tant que processus global qui incorpore pleinement la dimension politique posée comme base essentielle de la régénération des pays africains.  

 

La démocratie et la bonne gouvernance sont dès lors considérées comme des enjeux stratégiques dont la maîtrise et l’épanouissement s’avèrent des piliers incontournables si l’on veut asseoir un développement réel dans une perspective de durabilité et de soutenabilité.

 

Il est, en effet, établi que la consécration de la primauté du droit et la mise en place et la consolidation d’institutions démocratiques ouvertes et responsables sont la voie la plus sûre pour la stabilité politique et la cohésion nationale qui, à leur tour, stimulent les déterminants de la croissance tout en renforçant le statut international des pays concernés.

 

Il est tout aussi établi qu’une allocation rigoureuse et une gestion efficiente des ressources publiques, l’adoption de politiques macro-économiques cohérentes et la mise en œuvre d’une stratégie participative de développement sont indispensables pour l’aménagement de l’environnement nécessaire à l’expansion des activités de production et à l’amélioration des performances économiques.

 

Il est enfin établi qu’une administration soucieuse d’une application scrupuleuse du droit, fonctionnant de manière transparente et selon des normes compatibles avec l’obligation de reddition des comptes contribue à la prévention de la corruption et des détournements de fonds publics.

 

Il est important de souligner que la crédibilité du NEPAD résulte de la mobilisation entière des dirigeants africains décidés à traduire dans les faits de tels impératifs et à leur conférer tout leur sens et leur portée.

 

C’est dans cette logique que s’inscrit l’adoption de la Déclaration sur la Démocratie, la Bonne Gouvernance politique, économique et d’entreprise par les Chefs d’Etat et de Gouvernement africains lors du Sommet inaugural de l’Union Africaine, tenu en Juillet 2002 à Durban.

 

Cette déclaration cristallise l’engagement sans ambiguïté des dirigeants africains et leur ambition d’opérer un tournant décisif dans les efforts de consolidation de l’Etat de droit, d’approfondissement du processus démocratique et de promotion d’une gestion saine et transparente des affaires publiques et de l’économie.

 

Pour assurer le suivi et l’évaluation de la mise en œuvre de cette déclaration, les Chefs d’Etat et de Gouvernement africains ont mis en place le Mécanisme Africain d’Evaluation par les Pairs, ouvert à l’adhésion volontaire des pays africains.

 

Ce mécanisme s’assigne l’objectif fondamental de favoriser l’adoption de mesures, de normes et de pratiques à même de promouvoir la stabilité, la croissance, le développement durable et l’intégration régionale et continentale.

 

Les missions de cet instrument afin de réaliser cet objectif consistent à apprécier les progrès réalisés, à cerner les insuffisances et les difficultés et à développer un dialogue pratique en vue d’y remédier.
 

 

Mesdames et Messieurs,

 

L’Algérie, par la voix de Monsieur le Président de la République, a souverainement décidé de se soumettre à l’évaluation par le Mécanisme des Pairs, et à faire l’objet de cette revue dans les meilleurs délais.

 

Nos frères et partenaires du Forum des Chefs d’Etat et de Gouvernement ont eu l’amabilité de donner une suite favorable à cette sollicitation algérienne et, nous tenons à les remercier de cette disponibilité.

 

Il vous revient désormais à vous, Mesdames et Messieurs les membres de cette honorable commission d’œuvrer avec foi et engagement à préparer le dossier de notre pays pour cette revue et à recevoir le moment venu, l’équipe d’évaluation avec ouverture et avec confiance.

 

La somme des compétences et des expériences, ici réunies me dispense de m’étaler longuement sur votre mission et, Monsieur le Ministre délégué à la Coopération et aux Affaires Africaines aura l’occasion de vous la clarifier davantage dès cette première rencontre.

 

Pour ma part, je tiens à vous confier les quelques recommandations ci-après :

 

1°) Votre pays, l’Algérie, est un des initiateurs de l’ensemble du processus du NEPAD partant d’une conviction forte qu’il est non seulement nécessaire pour les Africains d’œuvrer à la promotion de leur développement mais aussi d’œuvrer par eux-mêmes et pour eux-mêmes à adapter leurs pays aux règles conventionnelles désormais nouvelles en matière de bonne gouvernance.

 

2°) Notre pays, solidaire de ses frères Africains ne se place pas en compétition avec eux en matière de réformes dans tous les domaines. Mais dans le même temps, vous avez en tant qu’Algériens bien des motifs de satisfaction quant aux pas importants accomplis par notre pays en matière de démocratie, de bonne gouvernance dans divers domaines mais surtout en matière de développement.

 

3°) Dans ce processus d’évaluation, Monsieur le Président de la République entend personnellement que l’Algérie s’avancera dans la plus grande transparence à l’audit qu’elle a sollicité de l’Afrique. L’Algérie se veut une maison transparente. Elle l’a démontré à l’endroit de nombreux acteurs étrangers gouvernementaux et non gouvernementaux qui n’étaient pas toujours animés des meilleures intentions à son endroit. C’est dire donc que nous ferons de l’évaluation de la situation dans notre pays par le mécanisme des pairs surtout un moment de fraternité avec l’Afrique mais surtout un acte volontaire, loyal et transparent.

 

C’est sur ces quelques recommandations que je déclare, au nom de Monsieur le Président de la République, installée la Commission Nationale sur la Gouvernance dans le cadre de la mise en œuvre du Mécanisme Africain d’Evaluation par les Pairs.
 

 

Je vous souhaite plein succès dans votre mission et vous remercie de votre attention.