ALLOCUTION
DE MONSIEUR AHMED OUYAHIA, CHEF DU GOUVERNEMENT
A L’OCCASION DE L’OUVERTURE DU FORUM D’AFFAIRES ALGERO-COREEN.
12 Mars 2006
Excellence Monsieur le Président de la République de Corée,
Excellences, Mesdames et Messieurs,
Au nom du Gouvernement et des opérateurs algériens et en mon nom personnel, je
souhaite la bienvenue à la délégation coréenne participante à ce forum et vous
remercie, Excellence Monsieur le Président de la République de Corée, d’avoir
bien voulu rehausser cet évènement de votre présence personnelle.
Je me félicite de la tenue de ce forum d’affaires qui représente une opportunité
pour les opérateurs algériens de rencontrer leurs homologues de Corée, un pays
qui compte aujourd’hui des compagnies parmi les plus performantes au Monde.
L’Algérie a besoin de l’apport de telles entreprises tout comme nos opérateurs
ont beaucoup à gagner à travailler avec elles. Pour les entreprises coréennes
également c’est là, sans aucun doute, une excellente opportunité au moment où,
l’Algérie est attelée, sous la direction de Son Excellence le Président
Abdelaziz BOUTEFLIKA, à dynamiser son développement dans la paix restaurée.
Dans ce cadre, permettez moi, Monsieur le Président de la République, de
partager brièvement quelques données et quelques commentaires avec les hommes
d’affaires de votre pays.
Excellences, Mesdames et Messieurs,
En premier lieu, l’Algérie qui vous invite à investir chez elle et à travailler
avec elle offre un cadre macro-économique stable et rassurant pour
l’investisseur.
-i- La croissance économique est permanente depuis plus de cinq années
avec une moyenne annuelle de 5%.
-ii- L’inflation est bien maîtrisée depuis près d’une décennie, et n’a
été que 1,6% en 2005.
-iii- La monnaie nationale est stable et les risques sur les paiements ou
les transferts sont nuls, grâce à des réserves de changes importantes et même
rassurantes sur le moyen terme.
En second lieu, l’Algérie offre un environnement attractif pour
l’investissement.
-i- Le niveau de formation de son élite et de ses
cadres moyens est élevé y compris parmi les demandeurs d’emploi. De plus, le
coût de la main-d’œuvre est avantageux comparativement à notre environnement.
-ii- La disponibilité de l’énergie est garantie à des
coûts très intéressants, tout comme les infrastructures sont développées à
travers tout le pays.
-iii- La demande intérieure est importante grâce à des
revenus appréciables au niveau des ménages, comme le confirme le niveau actuel
du PIB par habitant qui a déjà atteint 3100 $.
-iv- Les entreprises établies en Algérie qu’elles
soient nationales ou étrangères sont traitées sur un pied d’égalité, y compris
par le Code des investissements qui est très attractif.
-v- Près de 900 entreprises publiques sont offertes à
la privatisation ou au partenariat, y compris dans des secteurs où votre pays
dispose d’avantages comparatifs mondialement reconnus, tels que ceux de
l’industrie automobile ou de l’armement naval par exemple.
-vi- Le crédit pour les entreprises est disponible
localement à des coûts raisonnables, que ce soit au niveau du marché obligataire
ou que ce soit au niveau du système bancaire.
-vii- Les entreprises privées sont nombreuses, jeunes
et donc en pleine expansion, et un grand nombre d’entre elles fait preuve d’un
dynamisme remarquable.
-viii- Enfin, et ne l’oublions pas, produire en
Algérie donnera accès pour nos partenaires au marché de l’Union Européenne avec
laquelle mon pays a signé un accord d’association et de libre échange.
Excellences, Mesdames et Messieurs,
Outre ces atouts structurants que je viens d’évoquer, l’Algérie offre
aujourd’hui une conjoncture particulièrement favorable pour l’investisseur.
Ainsi, les programmes d’investissements des entreprises économiques se comptent
en dizaines de milliards de dollars, notamment dans les domaines de l’énergie y
compris l’électricité, de la pétrochimie, des mines, des matériaux de
construction ou du médicament. Tous ces domaines sont totalement ouverts au
partenariat ou à l’investissement direct étranger.
De son côté, l’Etat a mobilisé pour la période 2005 à 2009, plus de 100
milliards $ de dépenses budgétaires pour le développement dans les secteurs
socio-culturels et des infrastructures, ce qui soutient également la croissance.
A titre d’exemple, cette dépense publique représente la réalisation de plus de 1
million de logements, plus de 10.000 kilomètres de routes et d’autoroute, près
de 2000 kilomètres de voies ferrées, des dizaines de barrages, des centaines
d’écoles et de lycées, d’infrastructures médicales et autres.
Ce sont là des marchés importants de surcroît financés par des ressources
algériennes. Mais, ce sont, là aussi, des plans de charge importants pour
l’industrie comme par exemple dans les créneaux du ciment, des bitumes, des
moyens de transports et des engins de travaux publics, des secteurs où, il
existe en Algérie des entreprises que nous sommes disposés à privatiser ou à
mettre en partenariat avec des entreprises étrangères de qualité.
L’Algérie invite les entreprises étrangères à participer à la réalisation de ces
programmes publics au même titre que ses entreprises nationales.
Mais l’Algérie fera la différence entre les entreprises étrangères qui viennent
pour réaliser et partir et celles qui viendront pour réaliser mais aussi pour
investir car, notre développement national est appelé à se poursuivre encore
pendant de longues années, et l’Algérie entend augmenter la valeur ajoutée de
son économie.
Excellences, Mesdames, Messieurs,
Tout ce que je viens de dire était, sans aucun doute, déjà connus d’entreprises
aussi dynamiques que celles de la République de Corée, qui savent très bien
analyser les données d’un pays ou d’un marché donné. Mais, il était important
qu’à l’occasion de cette rencontre, cela vous soit dit officiellement par les
Autorités algériennes, dont le rôle est désormais, comme dans tous les pays à
économie de marché, d’encourager, d’inciter et de promouvoir, le reste étant
l’affaire des entreprises et du marché.
Je ne saurais terminer ces quelques remarques sans aborder la question des
nouvelles technologies d’information et de communication à laquelle nous
accordons une grande importance.
En effet, l’Algérie a décidé de réaliser à quelques kilomètres d’ici, un pôle
industriel dans le domaine de ces nouvelles technologies, et l’aménagement de
cette zone industrielle particulière est déjà en cours. Cependant, nous ne
disposons pas encore des capacités technologiques requises pour développer cette
nouvelle industrie du savoir et de la technologie, alors que, la République de
Corée compte parmi les pays qui ont bien avancé dans ce domaine.
Je sais que des contacts ont eu lieu entre nos deux pays sur ce dossier mais
n’ont pas encore abouti. C’est pourquoi, je voudrais vous dire tout l’intérêt
que le Gouvernement algérien attache à cette question et vous dire également
notre disponibilité à apporter tout le soutien public nécessaire et à offrir
tous les avantages que permet notre code des investissements, aux entreprises
étrangères qui seraient disponibles à nous accompagner dans ce domaine.
C’est avec cette main tendue au nom de l’amitié et cette note d’espoir de
l’Algérie qui se redresse que je conclut mon propos, en vous remerciant une
nouvelle fois, Excellence Monsieur le Président de la République de Corée,
d’avoir bien voulu rehausser de votre présence ce moment important dans l’amitié
et la coopération entre nos deux pays.
Mesdames, messieurs, je vous remercie de votre aimable
attention.