Allocution de Monsieur Abdelaziz BELKHADEM Chef du Gouvernement
lors de la visite de sa Majesté le Roi Juan Carlos 1er d'Espagne en Algérie


Alger, le 15 mars 2007

 

 

Votre Majesté le Roi Juan Carlos 1er d'Espagne, Excellences,

 

Mesdames et Messieurs,

 

C'est un privilège et un grand bonheur pour moi d'accueillir Sa Majesté le Roi Juan Carlos. Il m'est particulièrement agréable de souhaiter la bienvenue à nos prestigieux invités ainsi qu'à tous les membres de l'importante délégation gouvernementale qui les accompagne. Je tiens également à adresser des paroles de bienvenue à Mesdames et Messieurs les responsables d'entreprises espagnoles représentant divers secteurs d'activités.

 

Cette visite d'Etat est l'occasion pour raffermir davantage les relations entre l'Espagne et l'Algérie que vous avez su, avec ferveur, évoquer dans votre discours prononcé au Palais du peuple.

 

Elle est aussi l'occasion d'approfondir les liens entre les opérateurs économiques des deux pays et ceci, bien entendu, dans le cadre du Traité d'Amitié, de Bon voisinage et de Coopération que nous nous attelons, ensemble, à concrétiser.

 

Permettez-moi Majesté d'adresser à présent quelques brefs propos aux dirigeants et opérateurs économiques que l'Algérie accueille aujourd'hui avec plaisir et grand intérêt.

 

Mesdames et Messieurs,

 

Vous suivez avec attention et intérêt les réformes engagées pour assainir le cadre macro¬économique et adapter les modes d'organisation et les mécanismes de fonctionnement de l'économie algérienne aux exigences du marché et de son insertion dans l'économie mondiale.

 

Les principales réformes économiques qui étaient clans l'agenda du Gouvernement ont toutes été entamées et elles se poursuivent à des rythmes différents, certes, mais d'une manière constante. Pour ne citer que celles qui intéressent au premier chef les investisseurs, il y a lieu de relever :

 

1 La réforme du secteur bancaire a été entamée. Lei; banques publiques ont engagé leurs processus de modernisation ; une banque privée est déjà mise sur le marché et d'autres suivront dans un avenir proche. La place financière s'est enrichie par des banques privées, la plupart internationales, qui étendent leurs réseaux d'agences au niveau de l'ensemble du territoire national.

 

2 L'obstacle souvent cité de la disponibilité d'assiettes de terrains pour l'implantation de projets d'investissement a trouvé sa solution et le cadre idoine qui autorise une allocation rapide et rationnelle de terrain se met en place.

 

3 Sur le plan des privatisations, les nouvelles procédures mises en place assurent maintenant un désengagement progressif et rationnel de l'Etat.

 

4 La réforme de la justice apporte ses premiers fruits, notamment ceux relatifs à la sécurité juridique.

 

Les réformes étant ainsi toutes engagées, leur réalisation effective et généralisée demande du temps. En ce qui nous concerne, un bon mécanisme est maintenant mis en place ; nous croyons en la spontanéité d'un système lorsque le cadre ainsi crée est solide. Le volontarisme dans ce domaine a atteint des limites suffisantes pour que le mode de fonctionnement de l'économie nationale se réalise de lui-même.

 

Mesdames et Messieurs,

 

Ainsi, notre économie est passée à un stade nouveau. Le système économique dans son ensemble, dans sa structure et son fonctionnement, s'est redéployé ; le fonctionnement de l'appareil économique est, de loin, plus efficient comme en témoignent des taux de productivité plus élevés ; les relations entre les agents économiques privés/publics sont d'une autre nature qualitative ; les relations entre le système bancaire et les entreprises se renforcent et se diversifient ; les exportations hors hydrocarbures sont encouragées.

 

En somme, l'économie nationale fonctionne d'une toute autre manière et selon des critères différents. Cela nous a amené à réapprécier nos objectifs, à redéployer nos politiques et à aller vers des plans d'action différents. Nous l'avons fait en tenant compte du changement profond du contexte intemational et notamment des développements qui concernent l'économie nationale.

 

Sur ce plan, nous notons en effet quatre développements significatifs pour notre pays.

 

D'abord le prix du pétrole a augmenté et il y a peu de chance que l'on retourne à un prix faible de l'énergie. Par ailleurs, le gaz devient maintenant une denrée internationale précieuse car elle est énergie et matière première dans un contexte de changement technologique. Faut-il alors rappeler que l'Algérie est un pays gazier et que nos réserves nous placent au 4eme rang dans le monde.

 

Ensuite le marché international a vu émerger et s'installer des pays comme la Chine, l'Inde, la Malaisie, le Brésil, l'Afrique du Sud qui possèdent maintenant des entreprises de grande envergure, efficaces, répondant aux normes d'innovation et de conquête des marchés.

 

Le troisième développement important est que notre pays est maintenant associé au marché commun européen au même titre que de nombreux pays de la méditerranée. Il faut rappeler qu'avec 60% de nos échanges avec l'Europe, cette dernière est notre tout premier partenaire et un partenaire de poids. L'Espagne, qui est actuellement notre 3ème client et notre 7eme fournisseur, est ainsi appelée à accroître ses échanges avec notre pays.

 

En tout état de cause, d'ici cinq ans, près de 80% des marchandises européennes entreront librement en Algérie ; cela aura des conséquences directes pour nos entreprises et le consommateur algérien. Nos produits devant être admis en franchise de droits sur le territoire européen, nos entreprises apprendront à exporter. Cela doit permettre d'amorcer petit à petit un retournement de la situation où les hommes d'affaires algériens pourront investir dans les pays du Nord avec des possibilités de profit.
Parallèlement au renforcement d'une zone euro méditerranéenne authentiquement commune, le quatrième développement international pour notre pays est l'impérative nécessité d'accélérer la construction de l'économie maghrébine

 

Mesdames et Messieurs,

 

Dés lors que la croissance économique a atteint un niveau honorable et soutenu, un recul du chômage et un accroissement du pouvoir d'achat significatifs, il apparaît nécessaire, parallèlement aux réformes profondes engagées, de mettre en place une série de politiques pour atteindre une croissance économique plus forte. Cela demande notamment :

 

1. une nouvelle politique des infrastructures économiques et sociales d'une autre dimension et ceci est pris en charge comme vous l'avez observé.

 

2. une nouvelle politique pour la promotion de l'investissement et cela, aussi, vous l'avez constaté.

 

Par ailleurs, nous estimons que les services, longtemps négligés du fait de notre histoire économique passée, constituent des sources de création de valeur et d'emploi considérables. Le Tourisme reprend ainsi sa place de pôle de croissance et l'implantation de larges surfaces de distribution reçoit maintenant toute notre attention.

 

Mesdames et Messieurs,

 

Les nouvelles politiques constituent l'épine dorsale du programme économique du gouvernement. L'ensemble de ce programme permettra à l'Algérie de s'assurer d'un bond qualitatif à son développement et d'assurer, sans nul doute, un point de convergence d'intérêts entre une volonté politique déterminée à satisfaire les besoins croissants et de qualité de la population et les partenaires économiques disposant de technologies avérées et d'un savoir faire reconnu. Sa mise en oeuvre doit permettre à nos entreprises de pouvoir conclure des affaires avec des partenaires actifs.

 

Ainsi, c'est un cadre nouveau et attrayant que j'ai brièvement résumé, pour conforter l'image d'une Algérie qui dispose désormais d'une expérience, d'une expertise, des capacités humaines et d'un cadre institutionnel qui lui assure la maîtrise de son destin. Le monde des affaires espagnol trouve et trouvera sa place.

 

Je vous remercie

 

Majesté,

 

Excellences,

 

Mesdames et Messieurs, de votre aimable attention.