Allocution du Chef du Gouvernement à
l’occasion de la célébration Youm El Ilm
Constantine, 16 avril 2007
M. Abdelaziz BELKHADEM, chef du
Gouvernement, a présidé lundi, au nom du président de la République, M.
Abdelaziz BOUTEFLIKA, l'ouverture du 8ème séminaire sur la pensée de Abdelhamid Benbadis, une rencontre organisée annuellement à l'université Emir Abdelkader
des sciences islamiques par la fondation portant le nom de l'illustre président
de l'association des Oulémas musulmans algériens.
Dans son allocution, M. BELKHADEM a
souligné l'importance de ce genre de rencontres qui "font connaître le parcours
de nos vaillants prédécesseurs, leur exemplarité et les leçons que l'on peut en
tirer".
Dans ce sens, a-t-il poursuivi, la
vie de Benbadis est un "gisement inépuisable" puisque le Cheikh a été à la fois
"un réformateur religieux, un résistant farouche aux tentatives de l'occupant
d'effacer l'identité algérienne et, par dessus tout, un penseur éclairé qui a
combattu l'intolérance et refusé l'extrémisme et la violence".
Evoquant le sujet du séminaire, qui a
pour intitulé, cette année, "l'Algérie et le monde arabe : contribution
intellectuelle et militante", le Dr Abdallah Boukhelkhal, recteur de
l'Université Emir Abdelkader, et président de la fondation Benbadis, a relevé,
pour sa part, que les contributions de l'Algérie, de ses penseurs et des acteurs
de son Histoire "demeurent mal connues, ou occultées".
Cette situation, a-t-il remarqué, "a
déjà interpellé l'Imam Benbadis en son temps" qui y a réagi en appelant les
frères arabes à accorder plus d'attention à l'Algérie.
La première communication présentée
dans cette rencontre a été consacrée à la position de la diplomatie algérienne
vis à vis des conflits vécus par le monde arabe.
Le conférencier dira en substance que
"ce qui était perçu comme une attitude hésitante n'était qu'une attitude
réservée dictée par un certain nombre de facteurs et la conjoncture". Cette
réserve n'a toutefois jamais glissé vers une attitude de "spectateur négatif",
fera également remarquer le conférencier, tout en relevant que "la diplomatie
algérienne a toujours été, pour le monde arabe, une sorte de vache à lait qui
donne sans recevoir en retour".
La preuve nous en a été donnée,
soutiendra-t-il encore, lors de la décennie quatre-vingt-dix "durant laquelle
l'Algérie n'a pas trouvé le soutien et l'appui escomptés de la part du monde
arabe".
La diplomatie algérienne continue,
a-t-il poursuivi, de porter un regard "émotif et idéologique" sur le monde arabe
et "il faut que cela change et que celle-ci (la diplomatie) "soit basée sur les
intérêts légitimes que sont la sécurité nationale et l'économie".
M. BELKHADEM, en sa qualité d'ancien
ministre des affaires étrangères a apporté des éclaircissements en la matière,
tirés des situations qu'il a personnellement vécues.
"L'Algérie, dira-t-il en substance,
en citant à l'appui de ses propos des exemples de situations vécues, n'a jamais
eu des attitudes hésitantes vis-à-vis des conflits du monde arabe, bien au
contraire, ses représentants diplomatiques ont défendu becs et ongles des
positions courageuses et clairvoyantes dans ce domaine".
Toutefois, a-t-il précisé, dans
certaines initiatives de paix ou de médiation, l'Algérie a préféré ne pas
s'impliquer parce que "les intentions étaient clairement connues à l'avance".