RENCONTRE UNION NATIONALE DES PAYSANS
ALGERIENS (UNPA),
CHAMBRE NATIONALE DE L'AGRICULTURE (CNA),
AGRICULTEURS/ELEVEURS.
ALLOCUTION DE MONSIEUR LE CHEF DU
GOUVERNEMENT
(Zéralda, Mercredi 28 mai 2008)
Monsieur le Secrétaire Général de l'U NPA,
Messieurs les membres du Secrétariat National de I'UNPA,
Monsieur le Président de la Chambre Nationale de l'Agriculture
Chers frères, chères sœurs,
C'est avec un plaisir fraternel que je me retrouve parmi vous pour aborder avec
vous la problématique liée à l'activité d'élevage dans notre pays. Je partage
avec vous, l’importance que revêt non seulement sur le plan stratégique votre
activité, des lors qu'elle contribue substantiellement à la consolidation de la
sécurité alimentaire du pays mais aussi, parce qu'elle constitue également un
aspect important de notre économie et de notre patrimoine.
Vous le savez mieux que moi, l’élevage ovin est concentré essentiellement dans
les territoires de 18 wilayas qui représentent 70 % des terres utilisées par
l'agriculture, se trouve malheureusement aujourd'hui, plus qu'hier, confronté à
de nombreux problèmes et contraintes dont il devient impératif d'apporter les
solutions qui s'imposent.
En effet, il est utile de rappeler que les zones pastorales se caractérisent par
une triple dimension :
1- Sociale tout d’abord, car elles concernent un territoire occupé par 12 millions d’habitants dont 3 sont employés directement ou indirectement par l’élevage ;
2- Economique, puisque elles représentent un capital animalier de plus 300 milliards de DA ;
3- Ecologique, parce qu’elles favorisent une juxtaposition d’écosystèmes permettant une diversité biologique et un équilibre naturel du pays
Cette dimensionnalité plurielle a mobilisé
l'attention des pouvoirs publics pour la prise en charge de ces territoires et
notamment, leur développement.
La mise en œuvre de différents programmes de développement a été à la base d'une
capitalisation de la connaissance qui a permis d'engager une approche de
développement cohérente dans ses composantes et ambitieuse dans ses objectifs.
Avec l'avènement du PNDAR, les espaces agricoles ont connu une évolution
significative du potentiel naturel et économique. Cette mutation en profondeur,
découle des actions engagées sous l'impulsion résolue de son Excellence, le
Président de la République, ce qui a permis entre autre d'assurer :
La réhabilitation de 3 millions d'hectares dont 230.000 de plantations pastorales.
Cette action, qui ne représente que 10 % de l'espace des parcours, a permis l'amélioration de la production pastorale (fourrage) d'une moyenne de 60 kg équivalents d'orge à 300 kg équivalents d'orge ;
La densification du réseau d'abreuvement du
cheptel et l'alimentation des populations pastorales par la réalisation de
plus de 7.000 points d'eau. Cet effort a permis de ramener la densité d'un
point d'eau de 6.400 hectares à 2.400.
Ainsi, cette action a permis de réaliser un accès aux parcours inutilisés et
d'enregistrer un impact favorable sur le poids de la carcasse d'ovin qui est
passée d'une moyenne de15-16 kg à 22-25 kg. Une meilleure répartition du
cheptel sur le territoire des parcours a été également enregistrée;
L'exploitation des eaux de ruissellement par la réalisation de 1,200 ceds profitant à la dérivation de prés de 800 millions de m3 d'eau pour l'irrigation par épandage de crue de 500.000 hectares ;
La conservation des terres de parcours par la réalisation de 2 millions de m3 de travaux de Conservation de l'Eau et du Sol (CES) favorisant l'infiltration, le stockage de l'eau et la régénération naturelle des parcours. Son impact sur la réduction de l'érosion des sols est significatif car la moyenne est passée dans certains endroits à 25-30 tonnes par hectare contre 70 tonnes par hectare;
La protection sanitaire du troupeau par la prise en charge des différentes pathologies et la vaccination de 14 millions de têtes les plus exposées car évoluant dans les zones steppiques (les six millions restants évoluant dans la région Nord du pays) ;
L'amélioration des conditions de vie des populations pastorales par l'électrification en énergie solaire de plus de 4.000 foyers isolés et la création de 140.000 emplois.
Introduite par le PNDRA, cette dynamique d'intervention a été confortée par la création du Fonds de Lutte Contre la Désertification et de Développement du Pastoralisme et de la Steppe (FLCDDPS) en 2002.
Depuis sa création, ce Fonds a été orienté vers la
réalisation d'actions collectives (réalisation de ceds, multiplication de points
d'abreuvements pour le cheptel, ouverture de pistes, électrification par énergie
solaire de certaines localités éparses etc...) permettant une retombée immédiate
sur les conditions de vie des communautés pastorales.
C'est ainsi, que 807 projets ont été initiés, touchant 147.000
ménages el engageant une dépense publique de 25 Milliards
de DA. Dans cette enveloppe, il est intéressant de relever que
625 millions de DA représentent l'apport des
populations, reproduisant ainsi l'approche participative dans la formulation et
l'exécution des projets.
Cet effort de l'Etat en direction de l'activité pastorale, a permis d'assurer sa
stabilité sur plus de 05 ans.
Au regard des conditions climatiques peu clémentes ces dix (10) dernières
années, un déficit pluviométrique moyen de 60 % est enregistré dans les zones
steppiques. Cette situation a provoqué une insuffisance en aliment du bétail qui
par les perturbations sur le marché ont conduit à une spéculation sur les prix
auxquels l'Etat a dû faire face immédiatement avec de grands moyens.
Je vous rappelle que le Gouvernement a pris un certain nombre de mesures qui
visent la sauvegarde de cette richesse nationale estimée à 20 m Ilions de têtes
et partant, la protection des revenus des éleveurs. Ces principales mesures sont
:
La mise en place d'un montant de 12 Milliards de
DA pour l'achat de 3 millions de quintaux d'orge. Dans ce cadre, il est
important de souligner que l'Etat subventionne le quintal d'orge à raison de
2.150 DA puisque il est cédé aux éleveurs à 1.550 DA le quintal alors qu'il
revient à l'OAIC à 3.700DA le quintal.
Les démarches entreprises par l'OAIC pour l'achat d'orge permettront
d'assurer les premières livraisons durant le mois de juin 2008. Sur le stock
actuel de l'OAIC évalué à 62.000 quintaux, 29.000 ont été livrés à
différentes wilayas ;
La suspension totale de l'importation de viandes ovines jusqu'au mois d'août 2008 ;
L'instruction donnée pour que les périmètres
steppiques mis en défens soient ouverts au pacage, soit près de 80 % du
potentiel, représentant 2,4 millions
d'hectares ;
L'instruction donnée à la Direction Générale des Forêts (DGF) en vue d'étudier les conditions d'ouverture des parcours des forêts pour alléger la tension sur les aliments de bétail ;
Les dispositions engagées pour procéder à l'adaptation du code pastoral qui est en cours de finalisation. Un projet de texte législatif sera proposé prochainement pour le Gouvernement. Dans ce cadre, une large participation sera assurée par l'implication de l'ensemble des partenaires et utilisateurs des terres de parcours;
La mise en place d'un groupe de travail, en vue de l'élaboration d'une stratégie cohérente de l'élevage en général ;
L'organisation des éleveurs pour leur permettre de prendre en charge leurs problèmes en les associant à toutes les décisions concernant leur filière.
Chers frères, chères sœurs,
Les mesures que j'ai tenu à rappeler peuvent vous paraître insuffisantes mas elles sont pour le Gouvernement, compatibles avec l'effort de solidarité de la nation. Elles n'ont pas été des promesses puisque la mise en œuvre de nombre d'entre elles a été immédiate.
La politique pastorale est une politique
indissociable de la politique agricole, cette politique, le Gouvernement entend
la poursuivre avec persévérance au profit de notre population rurale, de notre
patrimoine et de notre indépendance alimentaire.
Je tiens à souhaiter à votre rencontre un plein succès.