ALLOCUTION
DE MONSIEUR ABDELAZIZ BELKHADEM, CHEF DU GOUVERNEMENT
LORS DE LA CRÉATION DE L'UNION NATIONALE DES PAYSANS ALGERIENS
(UNPA).
(Tipaza, lundi 27 Novembre 2006)
باسم الله الرحمن الرحيم
Monsieur le Secrétaire Général de l'UNPA,
Messieurs les membres du Secrétariat National de l'UNPA,
Mesdames et Messieurs,
Permettez moi de vous exprimer ma satisfaction de me trouver parmi vous pour
célébrer cet important événement qui coïncide avec la célébration de la création
de votre organisation, l'Union Nationale des Paysans Algériens.
L'honneur que vous me faites en m'invitant à célébrer avec vous cet anniversaire ajoute à ma conviction et à ma ferme résolution d'oeuvrer à la prise en charge des préoccupations du monde paysan si cher à nos coeurs.
Nul Algérien n'oubliera que le déclenchement de la glorieuse guerre de libération nationale de novembre 1954 n'aurait jamais été possible sans l'engagement et le sacrifice consenti par nos paysans.
Aujourd'hui, dans le monde que nous vivons et qui avance avec les mécanismes d-
la globalisation et de la mondialisation, le secteur de l'agriculture, à
l'instar des autres secteurs d'activité, évolue avec les règles de l'économie de
marché, suite aux importantes réformes économiques engagées depuis la décennie
quatre vingt (80).
État s'est fixé pour objectif d'apporter de nouvelles orientations pour l'agriculture nationale, en corrigeant les modes d'exploitation, en réduisant les
déséquilibres non maîtrisés, nés des grandes mutations que traverse la société
algérienne dans son ensemble et le mande Rural de façon particulière,
Cette transformation a consisté en le désengagement de État de la sphère productive a l'effet de libérer les initiatives individuelles et collectives tout en continuant à accompagne la modernisation de l'outil de production et de l'organisation du marché.
Le programme du Gouvernement qui tire son essence du programme de Monsieur le
Président de la République accorde une place privilégiée au monde agricole, qui doit
relever le dé garantir à terme à notre pays, la sécurité alimentaire par :
Une agriculture solidaire, fondée sur les complémentarités et la modernisation des méthodes et moyens,
Une agriculture replacée au sein de l'économie nationale, au regard de son importance évidente dans le cadre du développement durable et d'un constant progrès en productivité,
Une agriculture variée, mettant en valeur les richesses naturelles, les productions : les savoirs faire des différentes régions et les spécifiés de chaque terroir.
Dans ce cadre et dans un souci de conforter les acquis obtenus, les pouvoirs publics s'attellent à présenter à l'Assemblée Populaire Nationale (APN), le projet de la loi d'orientation agricole qui sera finalisé avant la fin de l'année en cours et qui vise :
Le soutien aux exploitations agricoles par une action persistante de État tendant à la mobilisation de l'éparque nationale, l'aide au financement sur la base des fonds propres, la mise en place de mécanismes financiers incitatifs et responsables, la décentralisation des pôles de décision et la création de nouvelles exploitations ainsi que la gestion des risques,
La mise en valeur de l'espace rural, le développement des productions en quantité et en qualité, la pluriactivité, l'organisation par filières cohérentes, la modernisation des statuts et des méthodes de l'entreprise agricole, la diversification des activités agricoles, la réhabilitation du patrimoine du logement en milieu rural,
L'égalité d'accès aux services d'approvisionnements en « inputs » et aux service du crédit par une organisation telle qu'elle puisse pleinement satisfaire l'impératif de proximité par la multiplication des points multiservices, la polyvalence des agents avec le maintien d'un niveau suffisant de compétence et d'un critère de disponibilité ainsi que l'établissement de schémas directeurs dans les divers domaines de l'activité agricole.
Les résultats enregistrés par l'Agriculture Algérienne sont appréciables grâce aux efforts conjugués et continus de l'ensemble des intervenants, concernés par l'activité agricole en général et des agriculteurs avant tout.
C'est ainsi que : la valeur de la production agricole est passée de 359 milliards de DA en 2000 à 657 milliards de DA en 2005,
Plus d'un million six mille (1.006.000) équivalents emplois permanents ont été rées essentiellement dans les zones rurales,
La Surface Agricole Utile (SAU) a été étendue de 510.000 hectares au moyen de la mise en valeur des terres par la concession et par l'accession à la propriété foncière agricole Plus de 492.000 hectares de plantations fruitières et viticoles ont été réalisées,
Plus de 200.000 exploitations agricoles sont devenues solvables auprès des institutions financières grâce aux différents programmes de développement engagés,
Les gains enregistrés en matière d'économie de l'eau, sont estimés à 470 millions de M3,
En matière de disponibilités des produits agricoles, notre agriculture a enregistré en marge d'une disponibilité accrue pour certains produits, notamment, en légumes et fruits, la situation suivante :
Doublement de la production de pommes de terres, 12 millions de quintaux en 2000, 21,5 millions de quintaux en 2005,
Augmentation de la production laitière 1,580 milliard de litres en 2000, 2,1 milliards de litres à fin 2005,
Augmentation de la production céréalière, 9,3 millions de quintaux en 2000, 40 mil ions de quintaux en 2006.
Bien que des résultats conséquent ont été obtenus également dans d'autres
domaines te que les parcours steppiques, la lutte contre la désertification, le
développement forestier, il n'en demeure pas moins que des problèmes sérieux
continuent d'entraver l'action des agriculteurs et a titre d'exemple,
Je voudrais évoquer ici, le problème de la pomme de terre dont un important
excédent : été enregistré en 2005.
La solution la plus indiquée pour les produits agricoles en excédent, c'est l'exportation.
Nos agriculteurs ainsi que, les différents intervenants dans la chaîne ne sont pas prépa es à l'exportation, qui elle, exige un savoir faire, une maîtrise des coûts, un respect des délai ., un calibrages des produits et leur certification sans parler de la qualité qui doit rivaliser av:c ce qui existe dans sur les marchés extérieurs, lesquels doivent être connus et maîtrisés.
C'est pour cela qu'un couloir vert a été mis en place en vue d'assurer
l'exportation de la o atte dans une première étape, pour ensuite prendre en
charge progressivement les autres produits.
L'État accompagnera l'agriculteur dans cette perspective, par la mise en place
de dispositifs de soutien et d'aide à même de lui permettre de satisfaire aux
exigences des marches et consommateurs étrangers notamment européens.
D'autres mesures doivent intervenir au niveau du réseau de distribution par la
réalisation de marchés de gros et de marchés communaux, ce qui assurera une
articulation globale plus cohérente concernant l'écoulement des produits
agricoles.
La situation de notre agriculture exige actuellement des actions soutenues à
l'égard de l'exploitation agricole, en exploitant au mieux, les avantages de la
précocité des produits et la nature biologique des productions agricoles
algériennes.
Dans certaines filières, des problèmes se posent avec acuité à certains
agriculteurs qui ma la livraison de leur récolte, ne sont pas payés à temps.
Cette situation préjudiciable, au-delà du manque à gagner de ces agriculteurs
peut conduire l'extinction d'une production ou créer des perturbations sur le
marché.
Des solutions doivent être trouvées à ces agriculteurs par le dialogue
constructif et l'accompagnement requis par les organismes publics.
Bien que l'État continuera toujours à soutenir l'agriculture algérienne qui
constitue un secteur essentiel et fondamental de l'économie nationale,
l'agriculteur algérien doit se convaincre que les temps ont changé et qu'il est
tenu en conséquence de s'adapter aux changements que vit la sphère économique
nationale en général et l'agriculture en particulier.
L'agriculteur a un rôle important dans les changements introduits dans
l'agriculture.
Il doit accompagner ces changements pour que l'agriculture soit consolidée sur
l'exploitation agricole en tant entreprise économique productrice de richesse.
Dans ce cadre, il est utile de souligner l'effort de l'État pour la mise à
niveau des exploitations agricoles et le développement des filières, financées à
partir du Fonds National de Régulation du Développement Agricole (FNRDA) :
Les engagements cumulés depuis l'année 2000 à la fin du 1er semestre 2006,
s'élève 214,4 milliards de DA.
L'État prévoit à l'horizon 2013 entre autres :
La mise à niveau de 250.000 exploitations agricoles,
La création d'un million d'équivalents emplois permanents,
Un taux de croissance annuel de la production agricole estimé à 8%, La création de 40.000 exploitations agricoles,
L'extension de la Surface Agricole Utile sur 400.000 hectares.
La production annuelle en 2013 de :
60 millions de quintaux de céréales (60% de la consommation nationale),
3,5 milliards de litres de lait (80% des besoins nationaux),
26 millions de quintaux de pommes de terre (satisfaction totale de la demande national
73 millions de quintaux de légumes frais (couvrant la totalité de la demande nationale)
Ces objectifs ne peuvent être réalisés sans l'agriculteur algérien qui s'est
toujours mobilisé pour la terre nourricière.
Aujourd'hui, d'importantes mutations se poursuivent particulièrement dans les
territoires ruraux, où l'agriculteur est appelé à accompagner les programmes que
l'Etat initie au niveau de ces espaces actuellement pensés, en tant que
territoires d'avenir, dés lors que des projets adaptés, visant leur
revitalisation, sont programmés.
Les territoires ruraux concernent 979 où communes, où vivent 13 millions
d'habitants.
Afin de promouvoir durablement ces territoires, les pouvoirs publics ont mis en
place une Stratégie National pour le Développement Rural Durable.
Cette stratégie vise à créer le lien entre la revitalisation des espaces ruraux
et la politique de l'aménagement du territoire avec pour finalité, un
développement équilibré et harmonieux de tous les territoires, sans exclusion ou
marginalisation.
Les axes de la Stratégie Nationale de Développement Rural Durable reposent essentiellement sur
Un appui à la mise en oeuvre d'activités économiques innovantes,
Une valorisation équilibrée et une gestion des ressources et des patrimoines des territoires,
Une synergie économique et sociale et une coordination des actions.
Les perspectives visées dans ce cadre concernent :
L'amélioration des conditions de vie des populations rurales et la modernisation des villages et Ksours (28.000 villages et Ksours sont ciblés),
Le renforcement de la diversité économique dans le monde rural,
La protection des ressources naturelles et des patrimoines ruraux matériels et immatériels.
A ce jour, près de 2.000 projets de développement rural, impliquant plus de
200.000 ménages ont été déjà réalisés.
Ainsi, l'Etat assumera le rôle d'amener la modernité dans le monde rural en
respectant les traditions et les valeurs nationales et non au fellah de courir
après la modernité qu'il recherche souvent dans l'exode qui conduit vers la
précarité et la marginalisation.
Ainsi, l'agriculteur, dans ce cadre, a un rôle primordial à jouer dans la
réussite des programmes mis en oeuvre par l'État pour le développement des
territoires ruraux en général et pour un relèvement du niveau des revenus des
agriculteurs en particulier.
L'organisation des agriculteurs doit consolider sa position et assurer sa
dynamique p sa capacité à s'adapter et à accompagner les changements qui ont
cours dans le monde agricole qui constitue en fait la véritable richesse du
pays, par le fait qu'il est le substitut privilégié aux hydrocarbures.
Ainsi, le rôle de l'agriculteur qui jouit d'une activité noble et durable est
déterminant cette stratégique mutation économique. Nous sommes tous interpellés
pour relever le dé la satisfaction de la sécurité alimentaire du pays et de la
préparation aux générations fut des conditions d'une économie durable,
cohérente, puissante, moderne, basée sur l'effort technologie et le labeur, à
l'abri des fluctuations climatiques et pétrolières.
Aussi, c'est un message de confiance en l'UNPA et en l'avenir de l'agriculture
Algérie que je vous adresse en souhaitant plein succès à votre rencontre.
Je prie Dieu de nous soutenir, de nous guider sur la bonne voie, Dieu n'omet la
récompense d'aucune bonne action .
Merci de votre attention,
Que le salut de Dieu soit sur vous.