Allocution du Chef du Gouvernement à l’occasion du Congrès du L’UNION NATIONALE
des PAYSANS ALGERIENS

Zéralda – 19 Avril 2007

 

 

 

        C’est pour moi un réel plaisir de me retrouver parmi vous aujourd’hui en ce moment où vous tenez votre 7ème congrès. Que de chemin parcouru depuis que la fédération des travailleurs de la terre s’est constituée en Décembre 1964 sous l’égide de l’Union Générale des Travailleurs Algériens. Que de chemin parcouru depuis Novembre 1974 date à laquelle votre organisation a vu le jour. A cette date, le congrès constitutif a proclamé la naissance de l’Union Générale des Paysans Algériens.

        Qui ne se souvient de la longue nuit coloniale durant laquelle, méthodiquement, les terres furent spoliées et les fellahs réduits à travailler comme journaliers sur leur propre bien dans des conditions proches de l’esclavage. D’autres tentèrent l’aventure d’assurer leur survie sur des terres peu fertiles et difficiles d’accès.

        Qui ne se souvient que durant cette même période, des soulèvements contre l’occupant sans cesse répétés à travers le territoire national malgré les pertes considérables, maintenaient le refus de plier devant l’adversité, entretenaient la cohésion nationale et préparaient le peuple algérien à la Glorieuse Révolution de Novembre 1954.

        Qui ne se souvient des sacrifices immenses consentis par le monde paysan, aide et assistance aux moudjahidine dont la majorité était constituée de fils et de filles de paysans et dont nombre d’entre eux tombèrent au champ d’honneur. Gloire à nos valeureux martyrs. Que de familles dispersées, disloquées par l’exode et par la politique coloniale du cantonnement.

        Rappeler ces vérités c’est pour que nul n’oublie et pour que, de génération en génération, la mémoire collective entretienne la flamme du combat libérateur pour que nous puissions vaincre aussi le sous-développement.

        C’est à ce dernier combat que se sont attelés nos travailleurs et nos paysans. Ce sont ces derniers à qui incombait la lourde tâche de fertiliser la terre que les décrets de Mars 1964 consacrèrent définitivement et irrévocablement la récupération de nos terres.

        L’engagement des pouvoirs publics aux côtés des fellahs sur plus de quatre décennies, n’a jamais failli. Les réformes entreprises ont touché aussi bien le mode de gestion des exploitations que les conditions de vie des paysans.

        Aujourd’hui, tout le monde s’accorde à affirmer que le monde paysan a changé qualitativement par les progrès réalisés. Le monde rural est partie intégrante de la politique nationale de développement. Vous y avez, par votre volonté et votre travail, grandement contribué.

        Parallèlement, notre pays a connu des mutations profondes tant au plan institutionnel qu’au plan économique, social et culturel. Cette dynamique n’a été ni arrêtée ni ralentie par les douloureux événements de la décennie du terrorisme. A Dieu ne plaise, El Hamdoulilah, la politique de la main tendue aux égarés, prônée et impulsée par le Président de la République, Monsieur Abdelaziz BOUTEFLIKA, a porté ses fruits. De la concorde civile à la réconciliation nationale, la stabilité a été retrouvée, la sécurité et la quiétude des citoyens ont été rétablies, les cœurs se sont apaisés et la joie de vivre est de nouveau parmi nous.

        Les soubresauts du terrorisme ne nous feront pas dévier du chemin de la paix et de la solidarité qui fait la fierté de notre Nation.

        Ces mutations profondes et irréversibles vers le progrès et la démocratie ont, bien entendu, marqué les rapports de l’agriculture avec son environnement immédiat.

        C’est ainsi que, sous l’impulsion de Monsieur le Président de la République, une approche d’ensemble vers le secteur stratégique agricole a été décidée. Faut-il rappeler le lancement dès l’année 2000 du plan national de développement agricole. Ce plan repose sur une utilisation rationnelle des moyens financiers conséquents mis à la disposition des fellahs en aides directes et indirectes (subventions, effacement des dettes, bonification d’intérêts). Il se définit aussi comme un instrument de préservation de la rareté de la ressource que constitue la terre, en assurant une protection maximale des terres agricoles contre la spéculation foncière, en raison de besoins sans cesse croissants d’autres sphères productives ; les investisseurs publics et privés sont toujours à la recherche de terrains susceptibles d’engager moins de grands travaux et moins d’argent. Faut-il rappeler qu’un mécanisme a été mis en place jusqu’à l’échelon gouvernemental pour ne décider de la distraction de terres agricoles qu’en cas de nécessité absolue ?

        Ce plan confectionné pour faire face aux urgences est conforté aujourd’hui par une véritable politique d’aménagement du territoire dans laquelle la politique du développement rural constitue l’un des soubassements fondamentaux. Notre richesse pérenne c’est la terre et ce ne sont pas les autres activités qui vont détourner notre volonté de sécuriser notre avenir. Ces activités sont nécessaires et seront développées mais dans un cadre qui puisse créer d’une manière durable un développement harmonieux de notre pays.

        J’ai occulté l’un des grands défis qui nous attendent, celui de la conquête de nouvelles terres, c'est-à-dire faire en sorte que les superficies agricoles exploitables dans des conditions optimales soient créées dans des zones considérées jusque là comme de peu d’utilité. C’est à la jeunesse, aidée par l’État et les collectivités locales, de relever ce défi.

        La surface agricole utile actuelle devra être de mieux en mieux exploitée grâce notamment à :

        Ces politiques sont certes nécessaires, mais elles sont aussi insuffisantes. C’est pourquoi, des actions multiformes sont entreprises pour assurer les fellahs quant à la préservation et la croissance de leurs revenus, qu’aux conditions de vie pour eux-mêmes et leurs familles. Le progrès est à partager équitablement et c’est ce à quoi s’attache le Gouvernement.

        La crise de la pomme de terre puis celle du lait, vécues par les citoyens comme une atteinte à leur pouvoir d’achat, ne doivent pas être perçues comme des problèmes de prix et de disponibilité. Par delà les mesures d’urgence qui ont été prises pour faire face à la spéculation et l’enchérissement des prix, le Gouvernement s’est également attaché à examiner de plus près les tenants et aboutissants d’une telle défaillance par rapport aux progrès enregistrés dans la production agricole et animale dont les taux de croissance dépassent souvent et largement la moyenne annuelle nationale. C’est à ce titre que des actions ont été arrêtées pour la sécurisation, la régulation et la commercialisation des produits du monde agricole. Les décisions prises conforteront sans nul doute le fellah dans la production de produits de large consommation en lui assurant un revenu compatible avec ses efforts et ses investissements. Nous ne pouvons aller à l’exportation d’une manière régulière et durable sans avoir régulé le marché intérieur.

        Mais pour réussir au moindre coût et plus rapidement l’ensemble des actions entreprises et à entreprendre, le Gouvernement a aussi besoin d’interlocuteurs représentatifs et vous l’êtes certainement pour créer une véritable synergie capable de corriger les insuffisances et projeter des actions plus proches, plus adaptées au monde du travail auquel vous appartenez, j’allais dire au monde auquel nous appartenons tous.

        C’est en cela que votre congrès est important car il va marquer qualitativement, j’en suis convaincu, vos rapports avec les pouvoirs publics pour le bien des fellahs et le bien du peuple algérien.

        Je souhaite plein succès à vos travaux.