Allocution à l'ouverture
des travaux de la Commission exécutive
nationale de l'Union générale des travailleurs algériens (UGTA)
BOUMERDES 1er août 2007
(Couverture
et traduction APS)
Le Chef du gouvernement, M. Abdelaziz BELKHADEM, a déclaré, mercredi à
BOUMERDES,
que le nouveau système de rémunération de la fonction publique découlant des
nouvelles réformes du statut de la fonction publique "entrera en vigueur en
juillet 2008 et sera harmonisé et basé sur la compétence".
Dans une allocution à l'ouverture des travaux de la Commission exécutive
nationale de l'Union générale des travailleurs algériens (UGTA) auxquels a
assisté le ministre du Travail, de l'emploi et de la sécurité sociale, M. Tayeb
LOUH, le Chef du gouvernement a précisé que l'augmentation de l'indemnité
complémentaire de revenu a été précédée par d'autres mesures, notamment
l'amélioration du régime indemnitaire en faveur de plus de 1.400.000
travailleurs dans plusieurs secteurs, et l'augmentation nette variant entre 2500
DA et 5000 DA consentie au profit de plus de 400.000 travailleurs dans le
secteur de l'enseignement.
Le Chef du gouvernement a estimé que le Pacte national économique et social
conclu en 2006 lors de la 13ème tripartite était une réalisation majeure et
constituait le couronnement d'une longue pratique de dialogue entamée depuis
plus de 15 ans entre le gouvernement et les partenaires sociaux.
Concernant la lutte contre le chômage, M. BELKHADEM a affirmé que "des lacunes
demeurent en la matière". Malgré la baisse sensible enregistrée ces dernières
années, il reste un million et demi de chômeurs auxquels des emplois doivent
être trouvés, a-t-il souligné.
Concernant le secteur économique, le Chef du gouvernement a affirmé que la
révision des conventions de branches a abouti à l'établissement d'une nouvelle
grille salariale en 2006 pour augmenter le salaire de base.
La question des salaires et l'amélioration du pouvoir d'achat du citoyen
demeurent des préoccupations constantes du gouvernement, a-t-il souligné.
Il a dans ce contexte mis en exergue la récente mesure prise par le président de
la République relative à la création du "Fonds de réserves des retraites" qui
permettra de payer les pensions des générations futures de retraités à travers
le prélèvement de 2 pc du produit de la fiscalité pétrolière dans le but de
garantir la pérennité de ce système.
Tous les secteurs hors hydrocarbures ont enregistré en 2006 une croissance de 60
points et une inflation de moins de 3 pc, a affirmé le Chef du gouvernement,
précisant que le développement du secteur du bâtiment et des travaux publics en
termes de volume, le plus élevé par rapport aux autres secteurs, a permis grâce
aux grands projets de réaliser un gain de 54 points supplémentaires et de
réaliser 54 points pour l'agriculture qui a connu un développement dans la
plupart des produits, ainsi que le secteur des services qui a lui aussi connu un
développement. Des réalisations rendues possibles grâce au programme de relance
économique qui a bénéficié d'une enveloppe d'environ 150 milliards de dollars.
L'évolution du secteur industriel a été "timide", selon le Chef du gouvernement,
car n'ayant enregistré que 30 points à la fin de l'année précédente, et la
contribution de celui-ci à la création de la richesse nationale ne cesse de
régresser depuis des décennies. Le constat est le même pour la production
industrielle artisanale ce qui a amené le gouvernement à examiner une stratégie
de relance du secteur, a-t-il ajouté.
Évoquant la "subvention du lait, M. BELKHADEM a indiqué que le prix de la poudre
de lait a augmenté à plusieurs reprises sur le marché mondial et le trésor
continue de supporter, à lui seul, cette augmentation des prix. "Il est donc
impératif de réfléchir au moyen de faire bénéficier le véritable consommateur
(parmi les faibles revenus) car ce produit "fait l'objet de contrebande vers
d'autres pays", a-t-il encore ajouté.
Concernant la pomme de terre, le chef de l'exécutif a tenu à dire que le
gouvernement se penche sur le traitement de ce problème causé par le retard
accusé dans l'importation de la semence déjà en faible quantité sur les marchés
internationaux du fait des conditions climatiques, et par la maladie qui a
atteint la récolte et la spéculation des propriétaires des chambres froides pour
maintenir ces prix.
Les travaux de la commission exécutive nationale de l'UGTA qui se déroulent en
présence des représentants des fédérations de l'ensemble des wilayas du pays, se
tiennent au titre de la 6ème session ordinaire de la commission.
Après l'ouverture des travaux marquée par la lecture d'un rapport exhaustif sur
les activités de l'Union pour l'année 2006, le Secrétaire général de l'UGTA a
évoqué, dans son allocution, la loi de la Fonction publique, la revalorisation
du Salaire national minimum garanti (SNMG) ainsi que les réalisations de l'Union
grâce à la politique du dialogue avec toutes les parties.
M. BELKHADEM : 61 milliards DA/an de plus pour les personnels de la Fonction
publique
Près d'un million et demi de travailleurs de la Fonction publique ont bénéficié
de "mesures de revalorisation" de leurs salaires, évaluée globalement à près de
61 milliards de DA par an, a souligné mercredi à Boumerdes le Chef du
gouvernement, M. Abdelaziz BELKHADEM.
"Ce sont au total 1.431.000 travailleurs de la Fonction publique, tous corps
confondus, qui auront bénéficié de (...) mesures de revalorisation", a indiqué
M. BELKHADEM dans son intervention.
L'incidence financière de ces mesures "a été évaluée à près de 61 milliards de
DA annuellement", a-t-il précisé.
"Ceci constitue un effort financier qui mérite d'être souligné", a affirmé le
Chef du gouvernement, qui a énuméré les mesures prises par l'exécutif pour
"l'amélioration des conditions de vie et du pouvoir d'achat des travailleurs".
Parmi ces mesures, "la plus récente porte sur l'augmentation de l'Indemnité
complémentaire de revenu (ICR) pour les personnels de la Fonction publique",
décidée par le président de la République, M. Abdelaziz BOUTEFLIKA, "en
attendant l'adoption des statuts particuliers découlant de la mise en œuvre du
nouveau statut général de la Fonction publique", a-t-il rappelé.
Un "système de rémunération harmonisé, encourageant le mérite et la compétence"
doit voir le jour avec les nouvelles réformes de statuts, qui "permettront aussi
de faire de la Fonction publique un élément essentiel dans la relation entre
l'État et la société", a-t-il assuré.
M. BELKHADEM a également rappelé les mesures "d'urgence" adoptées en 2002 et
2003, pour améliorer les revenus de certains corps de fonctionnaires
(enseignement supérieur, éducation nationale, santé, formation professionnelle,
jeunesse et sports, solidarité nationale, ...).
Le pouvoir d'achat des fonctionnaires "s'est sensiblement amélioré" durant cette
période, suite à ces augmentations successives, intervenues "dans un contexte
caractérisé par une maîtrise de l'inflation", a-t-il dit.
Pour ce qui est du secteur économique, le Chef du gouvernement est revenu sur le
récent établissement, au sein de la tripartite (gouvernement-UGTA-patronat), de
nouvelles grilles salariales "tenant compte du pouvoir d'achat des travailleurs
et du respect des paramètres de productivité du travail, de compétitivité et de
rentabilité des entreprises".
Il s'est aussi félicité du relèvement du Salaire national minimum garanti (SNMG)
de 10.000 à 12.000 DA, décidé lors de la réunion de la tripartite, les 30
septembre et 1er octobre 2006, "en application des orientations du président de
la République".
Il a, en outre, rappelé le "relèvement des petites pensions", décidé par le
président BOUTEFLIKA, en juin 2006, à travers l'octroi d'une indemnité
complémentaire pour les pensions et rentes d'invalidité inférieure à 10.000 DA
(ICPRI) et d'une indemnité complémentaire pour les allocations et retraites
inférieure à 7.000 DA (ICAR).
M. BELKHADEM a relevé également la création du Fonds de réserves des retraites,
financé notamment par un prélèvement de 2% du produit de la fiscalité
pétrolière, afin de "garantir la pérennité du système national de retraite".
Toutes ces mesures "constituent un acquis incontestable pour les travailleurs et
les retraités", a-t-il assuré.
D'autre part, le Chef du gouvernement a souligné que les réunions de la
tripartite et bipartite (gouvernement-UGTA) forment un "cadre de concertation
privilégié" en matière de dialogue social.
"Il est du devoir de tous les partenaires d'œuvrer à la préservation et à la
consolidation de ces espaces de concertation, qui ont permis de dépasser les
divergences et d'arriver à une entente sur les questions d'intérêt national pour
le plus grand bien de nos concitoyens et le développement de notre pays", a-t-il
soutenu.
"Les efforts enregistrés jusqu'à présent sont certes appréciables, mais nous
devons persévérer dans l'effort pour les rendre irréversibles et engager notre
pays sur la voie d'un véritable développement, afin qu'il prenne sa place parmi
les pays émergents", a-t-il ajouté.
Affirmant cependant ne pas vouloir "(se) à laisser aller à l'autosatisfaction et
occulter les insuffisances", M. BELKHADEM a indiqué que "malgré une baisse
sensible du chômage, près d'un million et demi d'Algériens demeurent sans
emploi". "C'est à eux que nous devons penser pour leur procurer les postes de
travail auxquels ils aspirent légitimement", a-t-il dit.